HOMÉLIE

3ème Dimanche de Pâques (B)

 De quoi nous parlent en ce dimanche Pierre, Jean et Luc, chacun selon leur style et selon des circonstances bien particulières ? Evidemment de la résurrection de Jésus. Mais, si nous y prêtons attention, ils nous disent que le pardon des péchés est conséquence de la résurrection.

Pierre conclut son discours par ces mots : convertissez-vous donc et tournez-vous vers Dieu pour que vos péchés soient effacés. (Ac 3, 19)

Jean écrit sa lettre en précisant : je vous écris pour que vous évitiez le péché. Jésus Christ, par son sacrifice, obtient le pardon de nos péchés. (1 Jn 2,  2)

Luc termine son récit des pèlerins d’Emmaüs en leur rappelant que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour et que la conversion serait proclamée en son nom pour le pardon des péchés. (Lc 24, 46-47)

Faut-il s’étonner ce cette insistance sur les péchés ?  Non bien sûr !

Célébrer la Pâque de Jésus pendant cinquante jours, c’est faire mémoire de l’oeuvre de libération accomplie par Jésus. Sa résurrection est victoire sur la mort qui, selon St Paul, est conséquence du péché. (Ro 5, 12) Le pardon des péchés, le pardon de nos péchés est donc déjà participation à la résurrection. Pardonnés de nos péchés, nous vivons déjà ressuscités.

Dans sa Première lettre, Saint Jean développe trois certitudes :

* la première est que nous sommes tous pécheurs. La vie chrétienne, notre vie est un combat. En chacun de nous sont mélangées ombres et lumières. Rappelons-nous comment St Paul partageait le combat qui ne le laissait pas en repos : ce que je veux,  je ne le fais pas, mais ce que je hais, je le fais (Ro 7, 15) Le danger existe de se prendre pour des purs ou des innocents. Un peu plus avant dans sa lettre, St Jean est explicite : si nous disons ‘nous n’avons pas de péché’, nous nous égarons nous-mêmes et la vérité n’est pas en nous. (1 Jn 1, 8)                              * la deuxième certitude c’est que, pécheurs, nous sommes pardonnés. C’est la grande et bonne nouvelle de toute la Bible. A ceux qu’il a rencontrés et guéris Jésus dit surtout : tes péchés sont pardonnés. Dans la proclamation de foi, celle que l’Eglise transmet de génération en génération, nous disons non pas ‘je crois que nous sommes pécheurs’ mais bien ‘je crois en la rémission des péchés’. Toute la pédagogie de la Bible est de faire passer la personne humaine du sentiment de culpabilité à l’accueil humble et reconnaissant du pardon de Dieu. Le sentiment de culpabilité nous emprisonne mais la vérité nous libère. Le plus bel exemple nous est offert dans le Psaume 50, psaume de David repentant. Le méditer dans la journée serait une belle façon de nous approprier le message de ce dimanche.

* la troisième certitude contenue dans le texte de St Jean : c’est en Jésus que nous sommes pardonnés. La nouvelle traduction du texte grec original a adouci le propos de St Jean, sans doute difficile à comprendre dans notre mentalité moderne. St Jean dit explicitement que Jésus est la victime offerte pour nos péchés, non seulement les nôtres mais encore ceux du monde entier. (1 Jn 2, 3) Dans la liturgie juive, pour renouer l’Alliance, il fallait offrir des sacrifices. Ce culte là n’a plus de raison d’être puisque Jésus s’est offert lui-même. En son sacrifice, Il a scellé dans le mystère de sa mort et de sa résurrection une alliance nouvelle et éternelle. Le sang versé l’a été une fois pour toutes pour le pardon des péchés (Mt 26, 28)

Cette parole nous l’entendrons tout à l’heure dans le récit de l’Institution. Puissions-nous y être attentifs et en mesurer toute la portée. Il en sera de même quand, avant de communier, nous entendrons la proclamantion : voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.

La résurrection de Jésus ne supprime pas le péché, elle nous en délivre. Chaque Eucharistie est célébration de cette bonne nouvelle de Pâques : nous sommes pécheurs, pécheurs pardonnés, pécheurs pardonnés par Sang de Jésus. C’est vraiment LA bonne nouvelle : celle de la conversion proclamée pour le pardon des péchés. (Lc 24, 47)

Fr. Joël

Jésus est ressuscité. Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez ! Alleluia.

Lettre de la Paix

La paix, selon l’évangile de Jean, est le premier don du Ressuscité au soir de Pâques !
 
Soyons témoins de cette paix dans notre monde de plus en plus incertain et inquiet de son avenir.
 
Prions ensemble et ainsi sera fortifiée notre foi.
 

« Pâques, la mort n’aura jamais le dernier mot ! »

A vous tous qui cherchez la paix en ce mois d’avril

prions en particulier pour les chrétiens persécutés de par le monde.

Mais n’oublions pas également toutes les personnes persécutées au nom de leur religion …

 

Les guerres qui secouent plusieurs pays du Moyen Orient ont conduit à l’exode de nombreux chrétiens d’Orient, au moins 300 000 chrétiens ont fui la Syrie. Le nombre d’églises fermées, attaquées, endommagées, incendiées a été multiplié par 5 dans le monde. En Corée du nord, la foi en Dieu est considérée comme un crime contre le régime, raison suffisante pour finir sa vie en camps de travaux forcés… puis l’Afghanistan, la Somalie, la Lybie, le Pakistan, l’Erythrée, le Soudan, Le Yémen, l’Inde, l’Iran, La Syrie. Les médias occidentaux ne parlent presque pas des nettoyages ethniques en cours qu’endurent des chrétiens au Mozambique ou au Nigéria alors qu’on parle des Ouïghours musulmans  en Chine.

Lorsqu’on parle des chrétiens persécutés on pense d’abord au Proche-Orient où ils tendent à disparaître, que ce soit en Irak en Syrie, voire au Liban,  mais de jeunes chrétiens ont été sauvagement tués au Mozambique et ailleurs en Afrique. L’islamisme se répand d’une façon préoccupante sur la Bande du Sahel et dans de  nombreux pays comme le Mali, le Burkina Faso ou le Niger et bénéficient de l’appui des trafiquants en tous genre. On voit des mosquées être érigées partout grâce aux investissements venus d’Arabie saoudite, du Qatar, du Koweit de Turquie et des Emirats. Avec 1350 morts, le Nigéria est en tête des pays qui compte le plus grand nombre de chrétiens tués pour leur foi.

L’A.E.D (Aide à l’Eglise en détresse) fondation pontificale, fondée par le père Werenfried en 1947, soutient les chrétiens partout dans le monde, là ou ils sont confrontés à des persécutions. Elle organise une « nuit des Témoins » soirée de témoignages et de prières dédiée à tous ceux qui sont persécutés à cause de leur foi à travers le monde et qui la vivent en silence au prix de leur vie, pour interpeller sur la situation dramatique de la liberté religieuse  dans le monde et soutenir ceux qui sont persécutés. L’A.E.D. a été fondée après guerre pour aider les chrétiens de l’Est, vivant sous le joug communiste mais la doctrine marxiste a cessé d’être la principale menace à laquelle les chrétiens sont confrontés, les différentes formes d’islamisme ont désormais pris le relais. La haine est dirigée contre celui qui croit différemment parce qu’il est perçu comme une menace pour sa propre croyance,   Aujourd’hui en Irak, l’A.E.D. finance la rénovation de 2086 maisons et reconstruit d’importantes infrastructures ecclésiales pour permettre aux communautés et aux familles de revenir sur leurs terres.

L’O.N.G  Portes Ouvertes  estime que plus de 260 millions de chrétiens (1 sur 8) sont fortement persécutés dans le monde ! Il est utile de considérer que la persécution a deux aspects :

  • La persécution marteau qui consiste en une violence physique et matérielle soudaine et brutale. Plus choquante, elle est chiffrable et manifeste pour les médias. Cette visibilité de la persécution est le but recherché par ceux qui la perpètrent.
  • La persécution étau moins visible mais avec un impact plus néfaste. Il s’agit d’une discrimination faite de rejet, d’oppression discrète, de déni des droits, d’exclusion et de procès truqués subis au quotidien.

De Bagdad à Erbil en passant par Ur et Qaraqosh, le pape François n’a eu de cesse, au cours de son voyage en Irak du 5 au 8 mars dernier, de consoler un peuple affligé par les guerres et de bâtir des ponts. « Je viens comme pèlerin de paix, au nom du Christ, Prince de la paix » s’est-il exclamé devant le président Barham Salih. Ce qui ne l’a pas empêché de dénoncer avec fermeté « la plaie de la corruption » ! « Il a touché du doigt le cœur de notre maladie » relève le frère dominicain irakien Amir Jagé.

Le pape François a exhorté  à dépasser les « intérêts partisans » et « à donner la parole aux artisans de paix. » Venu réconforter les chrétiens, le Saint Père souhaitait s’adresser à tous les Irakiens ; à commencer par les musulmans, pour bâtir l’avenir du pays ensemble. Après avoir relancé le dialogue avec l’islam sunnite à Abu Dabi en 2019, il a tendu la main à sa composante chiite. Son tête à tête, le samedi 6 mars, avec  le grand ayatollah Al-Sistani, sommité du chiisme à Nadjaf, au sud du pays, fut un moment historique. La très belle rencontre interreligieuse d’Ur, cette plaine désertique liée à la mémoire d’Abraham, père des croyants des trois monothéismes fut également historique. De manière inédite, les responsables religieux du pays, jadis ennemis, ont récité autour du Saint Père « une prière des fils d’Abraham » : sunnites, chiites, yézidis, chrétiens, sabéens kakais rejetant le terrorisme commis au nom de la religion. Comme François d’Assise qui était allé vers les musulmans, le pape François, avec son esprit prophétique, affirme que « nous sommes capables de vivre en frères. »  A Mossoul la visite du pape « a apporté paix et courage ». Eclatant symbole de renaissance à Qaraqosh où  la moitié des habitants est revenue après des années d’exil ! « En ce temps de Carême, c’est déjà un peu Pâques à  Qaraqosh. »

Pâques est LA grande fête de l’Église chrétienne, célébrée depuis les premiers jours du christianisme. C’est un moment de réjouissance pour tous ceux qui suivent Jésus. Parfois, il faut du courage pour célébrer une fête… Pour de nombreux chrétiens dans le monde, Pâques est synonyme de danger. C’est une période où l’Église devient beaucoup plus visible et donc plus vulnérable aux attentats. Mais à travers ce constat de la dure réalité jaillit l’espérance, comme le précise Kasim (pseudonyme):«Nous essayons de rester ici et d’aimer comme Jésus-Christ aime. Nous essayons de donner au christianisme cette signification : que l’amour et la vie sont meilleurs que la mort et le meurtre.»

 Prière : Formons dans la prière un lien d’amour pour la protection des chrétiens qui célèbrent Pâques partout dans le monde. Joignons-nous à nos frères et sœurs persécutés pour proclamer le grand message pascal: Jésus-Christ est ressuscité, il est vivant ! Dieu est vie et lumière. Les ténèbres et la mort n’auront jamais le dernier mot