1 Rois 11, 1-4+26-43

Salomon, une réussite discutée

Père Daniel Noël

Au temps des rois d’Israël et de Juda, CE 109, p. 21s

 

          Alors que le règne de David avait donné lieu à une longue écriture émaillée d’intrigues, nous ne disposons, pour le règne de Salomon, que de quelques éléments disparates regroupés selon leurs thèmes. Difficile, donc, de parler d’histoire. Il s’agit plutôt d’une succession de tableaux, dont celui des constructions est spécialement développé.

          L’ensemble (1 Rois 3-11) n’a retenu de la source qu’il cite lui-même (Le livre de l’Histoire de Salomon) que la célébration personnelle du Roi et l’évaluation critique. L’accent mis sur le premier aspect durant huit chapitres produit un réel déséquilibre car les événements concentrés et rapidement évoqués au chapitre 11 ont dû occuper vraisemblablement toute la durée du règne.

          La relecture du règne de Salomon au deuxième livre des Chroniques 1-9 reste largement tributaire de la seule partie positive développée dans le premier livre des Rois (3-10) et n’enrichit l’histoire d’aucun élément nouveau. Le Chroniste, parfaitement informé, a fait le choix délibéré de laisser une image absolument positive de Salomon.

          Fortement contrasté par rapport aux chapitre 3-10 du premier livre des Rois, le chapitre 11 regroupe tous les points négatifs retenus par la postérité contre Salomon. Trois adversaires sont mentionnés : Hadad l’Edomite, Rezôn l’Araméen et Jéroboam l’Israélite.

          Hadad est présenté comme un prince édomite ; l’histoire de ce prince, réfugié en Egypte manque de chronologie précise puisque le pharaon du récit reste anonyme ; les griefs retenus contre Hadad restent vagues et ne disent rien de son opposition à Salomon.

          Rézôn : comme pour Hadad, on ne voit pas en quoi il constitue un danger pour Salomon ; il s’agit d’un usurpateur du royaume de Coba soumis par David.

          Jéroboam : on cherchera en vain la relation de l’incident au cours duquel Jéroboam leva la main contre le roi. On sait seulement que Jéroboam s’enfuit en Egypte auprès de Shéshonq. Haut place par Salomon qui le remarque peut-être sur le chantier de Millo, Jéroboam pouvait être le témoin privilégié des contraintes qui pesaient sur les Israélites soumis aux corvées.