Informations sûr les travaux dans l’Eglise Abbatiale

 

 Des travaux de nettoyage vont rendre inaccessible notre église à partir du 9 octobre 2021 pour une durée d’environ deux mois.

 Une chapelle provisoire a été aménagée pour que soient assurées les célébrations liturgiques.

Cette chapelle ne pourra accueillir que trente personnes en plus de la communauté.

 Cette chapelle située « en clôture » ne sera pas accessible librement.

Seules la Messe et les Vêpres sont ouvertes aux personnes qui ne résident pas à l’hôtellerie. 

Les personnes qui souhaitent participer à ces célébrations, doivent se rassembler  dix minutes avant les offices sous le porche d’entrée de l’église. Un frère les conduira jusqu’à la chapelle.

             En semaine, à 9 h 20 pour la messe  // à 18 h 20 pour les Vêpres

            Le dimanche, à 9 h 50 pour la messe // à 18 h 00 pour les Vêpres

 Pour les personnes qui sont logent à l’hôtellerie, un frère se chargera de les conduire à la chapelle pour les offices auxquels elles souhaiteraient participer.

 Veuillez accepter nos excuses pour ces restrictions ; nous espérons retrouver pour le début de l’Avent une église plus propre et plus lumineuse pour qu’y soit célébrée la gloire de Dieu.

 

les frères de la communauté.

HOMÉLIE 

29° Dimanche TO (B) 

Les chefs des nations commandent en maîtres, les grands font sentir leur pouvoir ; parmi vous il ne doit pas en être ainsi (Mc 10, 42-43)

Ces paroles de Jésus à ses disciples ont aujourd’hui toute leur pertinence. Si le Pape François invite l’Eglise à une démarche pour « réformer le fonctionnement de l’Eglise » c’est bien, une fois encore, pour mettre fin aux abus de toute sorte. Parmi nous, il ne doit en être ainsi !

Dans son message pour initier cette démarche, François donne trois mots à méditer : communion, participation et mission. Chacune des trois lectures de ce dimanche apporte une lumière pour comprendre chacun de ces trois mots. Reprenons les tout simplement.

Le mot communion est un des mots du vocabulaire chrétien. Son usage est multiple mais son contenu pas si facile à comprendre et à vivre. Les Actes des Apôtres mentionnent la koinonia, marqueur des premières communautés fidèles à la communion fraternelle. (Ac 2, 42) St Luc, dans son évangile désigne les apôtres comme des koinonoi, des associés, des compagnons. En évoquant le Serviteur souffrant figure du Messie, Isaïe annonce la communion du Christ avec toute l’humanité, communion marquée par la souffrance. Les récentes révélations sur les abus dans l’église ont pu légitimement nous troubler. Si nous pouvons comprendre que nous devons avoir de la compassion pour toutes les victimes d’abus, quelle est notre part de responsabilité ?Comment vivre une communion dans la foi et la miséricorde avec les abuseurs ? Une église plus synodale explique François est une église « où l’on apprend à s’écouter mutuellement » une église « où l’on accepte que la rencontre de l’autre nous transforme ». Que de chemin à faire ensemble pour dépasser tous nos blocages, pour faire bon usage de la parole, pour oser la rencontre avec l’autre, surtout celui dont la différence nous fait peur et nous dérange !

L’autre mot est celui participation. L’auteur de la Lettre aux Hébreux parle de Jésus grand prêtre par excellence. Dans sa nature humaine Jésus a été éprouvé en toutes choses à notre ressemblance, excepté le péché (Heb 4, 14-15) et nous sommes appelés à « être participants de la nature divine » (oraison après la communion 28° dimanche). Une église synodale, précise François, « est un lieu ouvert où chacun se sent chez lui et peut participer ». Participer demande un engagement et pas seulement une présence passive. La réforme liturgique issue du Concile Vatican II a qualifié en quelques adjectifs ce que doit être la participation de tous les acteurs de la liturgie : participation consciente, active et fructueuse (SC § 11)

Le troisième mot caractéristique de la démarche synodale est mission. Jacques et Jean ont été choisis par Jésus pour être au nombre des douze apôtres, plus encore pour être avec (Mc 3, 14) Plus précisément pour participer à sa mission de rassembler le peuple, de l’enseigner, de le guérir… Rien à voir avec un quelconque pouvoir. Or, faire sentir son pouvoir est un fantasme vieux comme le monde. La loi de la jungle, la loi du plus fort semble être la seule loi qui compte. Jésus nous demande avec insistance de rompre avec ces usages, au risque de notre vie. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi ! La rupture à opérer se dit dans un seul mot, le service. Ne pas être servi mais servir ! Non pas se servir, mais servir ! Quelle conversion.

Entrer en démarche synodale, c’est vouloir marcher ensemble. A quel pas ? C’est bien toute la question. Réponse idéale : au pas qui ne laisse personne au bord de la route, au pas de Jésus marchant avec les disciples d’Emmaüs, au pas de l’Evangile, au pas de la miséricorde. Pour Jacques et Jean, c’est une question de place qui les motive; ils voudraient siéger l’un à droite, l’autre à gauche dans la gloire. Avant d’entrer dans sa gloire, Jésus est passé par la croix. Qui, à ce moment précis de l’Histoire, siègent à sa droite et à sa gauche ? Deux larrons. S’ils ne marchent plus, ils sont crucifiés, ils font encore route ensemble avec Jésus. Route de Pâques.

Fr. Joël

A tous ceux qui cherchent la paix,

intention de prière pour ce mois d’octobre 2021

LA CONDITION DES FEMMES AFGHANES SOUS LE REGIME TALIBAN

 

La condition des femmes en Afghanistan est sujette à de nombreuses difficultés dans un pays traditionnellement patriarcal et ayant connu de nombreuses années de guerre civile. Après une période plus favorable sous l’occupation soviétique, les conditions de vie des femmes se dégradent avec l’application de la charia depuis 1992 . L’arrivée des talibans au pouvoir en 1996 renforce cette situation. En 2021, après le retrait des troupes américaines la reprise en main du pays par les talibans fait craindre une nouvelle dégradation de leur condition. En 2010, la chercheuse Sonia Jedidi affirmait déjà à propos de l’Afghanistan, l’histoire des femmes n’est qu’une succession d’avancées vers un statut moderne puis de régression suite aux violentes oppositions des hommes qui ne veulent pas perdre leur pouvoir de contrôle sur les femmes.

Les talibans sont sur le point d’annoncer la formation de leur nouveau gouvernement qui ne devrait pas inclure de femmes, une fermeture contre laquelle des dizaines d’afghanes ont protesté en manifestant, illustrant les défis auxquels le pouvoir va être confronté. Ce genre d’expression publique de mécontentement est une nouveauté pour les talibans qui réprimaient impitoyablement toute contestation lors de leur régime précédant, cela montre qu’ils vont devoir s’adapter à une société afghane devenue plus libérale et plus ouverte sur le monde extérieur ces 20 dernières années. Lors des manifestations, des femmes de tous âges étaient entièrement voilées, brandissant des pancartes appelant au respect de leurs droits « la liberté est notre devise, elle nous rend fières » peut-on lire sur certaines d’entre elles, elles n’étaient pas plus d’une centaine, mais leur courage vaut un millier, alors qu’elles risquent leur vie en marchant dans les rues sous les yeux des soldats islamistes.

Le porte parole du groupe talibans a déclaré qu’ils s’engageaient à respecter les droits des femmes et qu’elles travailleraient «côte à côte avec nous » qu’elles pourraient continuer d’étudier à l’université, quoique en accord avec la charia, loi islamique, et sans que les femmes et les hommes ne soient mélangés, des promesses insuffisantes pour rassurer les femmes pour qui le souvenir du régime taliban, qui avait strictement interdit l’éducation pour les filles et femmes est encore présent. A l’époque des talibans les femmes ont subi une vie limitée, elles étaient enfermées dans leur maison, elles n’avaient aucun droit sans permission de l’homme de la famille, les femmes n’avaient pas le droit d’aller à l’école. Lorsqu’ils dirigeaient le pays entre 1996 et 2001, les talibans avaient imposé leur version ultra rigoriste de la loi islamique, les femmes ne pouvaient ni travailler ni étudier, le port de la burqa était obligatoire et elles ne pouvaient quitter leur domicile qu’accompagnées d’un chaperon masculin de leur famille, les flagellations et les exécutions y compris les lapidations pour adultère étaient pratiquées sur les places des villes et les stades, L’Afghanistan est classé comme étant le pire endroit au monde pour une femme

Malgré les efforts du gouvernement précédent et des donateurs internationaux pour éduquer, on estime que deux tiers des filles n’allaient pas à l’école en 2020. Il est important de savoir que plus de 87 pour cent des femmes sont analphabètes et que 70 à 80 pour cent d’entre elles sont victimes du mariage forcé avant l’âge de 16 ans pour la plupart. Les associations s’étaient engagées pour l’amélioration de la condition des femmes mais le résultat ne fut pas satisfaisant. Les femmes travaillant dans l’espace public à Kaboul portaient moins le voile et étaient contre le voile intégral contrairement aux zones rurales où elles restaient totalement dépendantes de la loi islamique. En l’absence d’éducation, la santé sociale et la santé des femmes vont se détériorer et la société sera dans une crise totale, un cauchemar pour les femmes qui ont fait des études, qui envisageaient un avenir meilleur pour elles-mêmes et les générations futures. Aujourd’hui, alors que les magasins vendant des burqas ne désemplissent pas, des jeunes femmes disent avoir caché leurs diplômes et pièces d’identité. Dans certaines régions, toutefois les filles retournent à l’école voilées en tunique noire, mais trop heureuses de reprendre la classe, mais la peur est là indéracinable, « la peur reste en vous comme un oiseau noir, il déploie ses ailes et vous ne pouvez plus respirer » explique la maîtresse de conférence à l’université américaine.

 Les images de femmes sont désormais prescrites dans l’espace public, une photo devenue virale montre un homme recouvrant de peinture la photo d’une mariée souriante affichées sur la vitrine d’un magasin avant même l’entrée des talibans dans Kaboul., les devantures des instituts de beautés sont recouvertes de peinture noire afin de dissimuler les visages des mannequins. Ces gestes montrent qu’il faut désormais effacer les femmes de l’espace public. Le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres s’est dit horrifié de voir que les droits durement acquis par les femmes afghanes sont en train de leur être enlevés. Chékéba Hachemi première femme diplomate auprès du gouvernement provisoire déclare « les femmes vont être emmurées vivantes ».

Prions : Sainte Marie, notre Mère à tous, protégez les femmes afghanes et toutes celles qui sont opprimées par le rigorisme islamique. Que se lèvent des voix, dans le monde entier, pour faire évoluer leur condition vers l’égalité entre les hommes et les femmes, et qu’elles puissent promouvoir la paix pour l’avenir de leurs enfants.