Homélie du 19ième dimanche année C

Qu’est-ce que la foi ? Nous pouvons être interpelés par des proches, avec une question semblable et même bien embarrassante à répondre. Je risquerais à dire que la foi, au fond, c’est cette énergie de vie qui nous habite et qui ne peut pas nous quitter, même dans les circonstances les plus difficiles, car elle nous est donnée et ne peut se perdre. Donnée par Dieu, et il suffit d’y consentir, en conscience, pour entamer un chemin de foi qui grandit et nous fait grandir, avec des étapes, où nous pouvons découvrir que celui qui nous donne cette énergie à vivre a parlé, que sa parole est inscrite dans des livres produits par des croyants et que sa Parole a pris l’allure d’une personne qui nous aime, Jésus, et qui nous est intimement présent, actuellement, à notre vie. Dès lors, on peut avancer plus loin et c’est un monde qui s’ouvre à nos esprits, immense, à mesure que nous y entrons. Il donne sens à tous les aspects de notre existence, qui ne connait, dès lors, aucune limite, puisque la mort n’est qu’un passage vers l’univers de vie qui nous porte depuis toujours.

Cet univers de vie et de foi, les croyants de la Bible y ont réfléchi et nous ont laissé des expressions très pertinentes, comme ce que nous avons entendu dans la Lettre aux Hébreux « La foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître les réalités qu’on ne voit pas ». Et c’est ce ‘voir au-delà du réel présent’, qui a animé tous ceux qui se sont mis sur le chemin avec Dieu, Abraham, Sara, Isaac, etc. avec cependant, des nécessaires passages par la nuit spirituelle et le doute ; mais avec une espérance plus forte que tout, qui leur permettait d’avancer toujours. La foi, c’est bien le trésor précieux du cœur, ce qui donne confiance à la vie, en ne s’attachant plus aux biens de la terre, parce que cette confiance va être partagée avec d’autres, qui vont nous permettre de nous rendre libres, pour aimer davantage, pour servir les frères et les sœurs, selon l’appel qu’on aura reçu dans le fond de son cœur. Jésus, d’ailleurs, nous présente des paraboles pour mettre devant nos yeux, ce qu’est la foi quand elle est mise en pratique ou au contraire, quand elle est gaspillée et mise de côté. Tel le serviteur de l’évangile, qui est un intendant, l’économe, qui doit gérer la maison du maitre en son absence. C’est par l’obéissance à la volonté du Seigneur, qui est un fruit de la foi, qu’il aura un comportement juste et fructueux. Au contraire, par manque de conscience de foi, celui qui se laisse conduire par sa volonté propre ou la vaine gloire, au détriment du service des frères, ira à sa perte. Nous qui avons reçu beaucoup, il nous sera demandé beaucoup. Mais parfois, nous nous laissons aller sur des chemins qui nous en éloignent. Or, avec Dieu, il n’y a pas d’heure, pour Dieu rien ne compte que de remettre son esprit en Lui, de faire comme Lui. Comme Lui est vigilant, être vigilant. Comme Lui est serviteur, être serviteur. Comme Lui est vie, être vivant, ajusté à la foi qu’il nous offre. Aussi, le Seigneur attend-t-il une réponse de ses disciples et de ses appelés : la vigilance et la promptitude, dans l’attente de son « retour des noces ». Demeurer dans sa charge ou sa mission, pleinement attentif et aux autres, et au Seigneur qui vient : c’est un bonheur que le Seigneur lui-même leur rendra, pour les avoir trouvés à leur tâche, et il les servira. Se découvrira ainsi ce qui était demeuré caché. L’appel à croire n’était pas un appel pour une simple fonction, mais une véritable invitation à imiter le Christ, et dans cette imitation, non calculée et motivée de pur amour, on recevra au centuple ce qu’on aura tout simplement donné, par fidélité à un appel reçu.

Heureux ceux qui en deviennent conscients. Ils entreront dans la joie auprès de notre Maitre. Car il a pris la tenue de service, comme il le fera à son retour des noces pour ceux, sauvés, qui auront inscrit dans leur vie, la capacité de vigilance, d’attente pacifique et persévérante, d’amour du travail et du service des frères. Il les servira, c’est-à-dire, il les introduira définitivement dans son être-même de serviteur du Père et de sauveur de l’humanité. Car, l’invitation à la foi que nous recevons aujourd’hui, c’est pour un service actif : la foi est pleinement un appel à la persévérance, quoi qu’il en coûte, et la foi est pleinement un appel pour le service de nos frères et sœurs en humanité.

Fr Jean Michel