Jean 3, 13-17

Le serpent élevé dans le désert est le Christ suspendu à la croix

Saint Augustin

Livre I à Marcellin sur la peine et la rémission des péchés, OC 30, p. 50s

 

                Le dessein de grande et infinie miséricorde voulu par Dieu ne pouvait se réaliser que par la rémission des péchés. Le Sauveur nous le dit : De même que Moïse éleva dans le désert le serpent d’airain, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé en haut afin que tout homme qui croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle.

                Nous connaissons cette histoire qui eût lieu dans le désert : plusieurs mouraient de la morsure des serpents. Alors, le peuple, confessant ses péchés, pria Moïse, afin qu’il le délivrât de ce fléau ; et Moïse, par l’ordre du Seigneur, éleva dans le désert un serpent d’airain, et il dit au peuple que celui qui serai mordu par un serpent n’aurait qu’à regarder en haut vers le serpent d’airain, et que, par ce moyen, ils seraient guéris tout-à-coup.

                Qu’est-ce que le serpent qu’on élève, si ce n’est la mort de Jésus-Christ figurée par ce symbole. Car la mort vient du serpent qui porta l’homme au péché, par lequel il mérita la mort. Or, le Sauveur prit dans sa chair, non pas le péché qui est comme le venin du serpent, et pourtant il prit la mort, afin que la chair qui avait la ressemblance du péché fût châtiée sans être coupable, et qu’ainsi la chair coupable fut déchargée de la faute et du châtiment.

                De même donc que celui qui regardait en haut le serpent d’airain était guéri de sa blessure et délivré de la mort, ainsi le chrétien qui devient conforme à la ressemblance de la mort de Jésus-Christ par la foi et le baptême, est délivré du péché par la justification et de la mort par la résurrection. C’est ce que le Seigneur dit par ces paroles : Afin que tout homme qui croit en lui ne périsse pas, mais qu’il est la vie éternelle. Où serait la nécessité pour l’enfant de devenir conforme à Jésus-Christ par le baptême, s’il n’a point été infecté du venin par la morsure du serpent ?