Matthieu 28, 16-20
| « Et il monta au ciel, il est assis à la droite de Dieu » |
Père Hans Urs von Balthasar
Credo, p. 78s
Que Jésus, le Ressuscité, est monté au ciel, cela n’est pas un événement géographique ; c’est bel et bien le retour au point de départ de sa mission, d’un Jésus maintenant chargé de toute la récolte du monde, fruit de cette mission. Qu’il ne s’agit pas d’un changement de lieu, la diversité des aspects décrits dans l’Ecriture le montre déjà. Si Jésus apparaît à Marie-Madeleine en pleurs et ne lui permet pas de la toucher parce qu’il ne serait pas encore monté vers le Père, c’est qu’il veut manifestement la faire participer à son mouvement du monde des morts vers la vie éternelle : c’est de cette dynamique même qu’elle doit porter le témoignage aux disciples.
Si, à la fin des quarante jours, il s’envole visiblement au ciel devant le groupe des Apôtres en les bénissant, c’est pour leur mettre sensiblement devant les yeux que le temps où le mystère n’était pas encore révélé est terminé. Car il porte maintenant son œuvre terrestre à son accomplissement, en sa qualité d’être déjà céleste : il leur commente l’Ecriture, à nouveau il célèbre avec eux l’Eucharistie, il choisit définitivement Pierre comme pasteur de son troupeau, il promet que l’amour, dont Jean est le symbole, demeurera dans l’Eglise jusqu’à son retour. Il serait absurde de penser et de prétendre ici, en termes de chronologie, que l’union du Ressuscité avec le Père n’aurait eu lieu qu’à la fin de ces quarante jours-là.
Dire que le Ressuscité est assis à la droite de Dieu, est naturellement recourir à une image pour exprimer l’élévation inouïe de la nature humaine jusqu’à sa participation à la majesté paternelle. Le à la droite exprime l’honneur qui est rendu à cette nature. Il est juste de dire que, arrivé en lui-même à l’accomplissement, le Fils de l’homme continue d’agir à travers l’histoire du monde, jusqu’à ce que le tout ait grandi vers Celui qui est la Tête, le Christ. Ainsi la parole de Jésus terrestre disant qu’il opère ce qu’il voit le Père opérer vaut-elle encore et toujours. Dans la vie éternelle, repos et activité coïncident. C’est seulement de cette manière que c’est une vraie vie.
