Galates 1,13 – 2,10

Le Fils de Dieu en moi

Dom Benoît Standaert

Paul de Tarse, Tome I, Epître aux Galates, p. 133s

 Paul revient ici sur le moment crucial de sa vie. Dieu est intervenu, ce Dieu qui déjà dès le sein de ma mère m’a appelé par sa grâce. Les expressions dont il se sert, rappellent tant la vocation de Jérémie (1,5), que celle du Serviteur en Isaïe (49,1 et 5). Il s’aligne ainsi sur la lignée des prophètes. Il s’est senti appelé par Dieu bien avant de connaître la voie chrétienne. Or, ce Dieu créateur qui l’appelle à son service, a daigné révéler en moi son Fils ! Voilà en quelques mots grecs, tout ce qui s’est passé sur le chemin de Damas ! Paul ne donne aucun détail chronologique, ni géographique des circonstances de cet événement décisif. Il explicite avant tout la pensée théologique de l’évènement. C’est Dieu qui a agi, qui a révélé son annonce. Sa vocation coïncide avec sa mission, et, de ce fait, on se trouve immédiatement au cœur du sujet : annonce l’Evangile aux païens, comme il l’a fait en Galatie, n’en déplaise aux gens venus intriguer de l’extérieur dans la communauté fondée par Paul !

Puis il signale, un peu curieusement au premier regard, qu’il n’est pas allé consulter la chair et le sang, en cherchant à être confirmé dans sa vocation et dans sa mission par les autres qui étaient apôtres avant moi. Il tient à maintenir son indépendance ! Plus encore, à y regarder de plus près, il formule sa vocation avec des expressions qui rappellent un passage qui concerne l’apôtre Pierre, dans l’Evangile selon saint Matthieu (16,17). Là, Pierre reçoit sa confirmation, après qu’il a reconnu que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant : Ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux. Notons les correspondances : Fils, révélé (par Dieu ou par le Père), non pas la chair et le sang. Qu’est-ce à dire ? De même que Pierre doit son autorité d’une révélation de Dieu au sujet du Fils, de même moi je suis apôtre, non pas en ayant recours à des traditions humaines, à ce qui relève de la chair et du sang, mais par une révélation que Dieu a daigné me faire au sujet de son Fils. Tous deux sont donc apôtres à part entière et cela uniquement par l’intervention de Dieu. Leur autorité respective est identique, seul le champ qui leur est confié est différent : à Pierre revient le monde des Juifs, ceux de la circoncision ; à Paul les païens. Mais c’est le même Dieu qui dirige l’histoire de l’Eglise.