Zacharie 3,1 – 4,14
| La vraie lumière qui éclaire tout homme |
Saint Maxime le Confesseur
Questions à Thalassias, Livre des Jours, p. 1226s
La lampe placée sur le lampadaire, c’est la lumière du Père, la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde, notre Seigneur Jésus Christ. C’est à cause de notre chair, qu’il a prise de nous, qu’il s’est fait et qu’il a été appelé une lampe ; c’est-à-dire qu’étant, par nature, la Sagesse et la Parole du Père, il est proclamé dans l’Eglise de Dieu par la piété des croyants, il est exalté et manifesté devant les nations par la vie conforme à la vertu et fidèle aux commandements. C’est ainsi qu’il brille pour tous ceux qui sont dans la maison, autant dire dans le monde, comme lui-même, la Parole qui est Dieu nous le dit dans l’Evangile : On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. Il est évident que lui-même s’appelle une lampe, étant Dieu par nature, et devenu chair selon l’économie du salut.
Quant au lampadaire, c’est la sainte Eglise. C’est sur sa prédication que repose la Parole lumineuse de Dieu, qui éclairent tous ceux qui sont dans le monde, comme dans une maison, par les rayons de la vérité, en remplissant tous les esprits de la parfaite connaissance de Dieu.
La Parole ne supporte aucunement d’être gardée sous le boisseau. Elle veut être placée au sommet, sur la beauté grandiose de l’Eglise. En effet, si la Parole avait été gardée sous la lettre de la Loi, comme sous le boisseau, elle aurait privé tous les hommes de la lumière éternelle. Elle n’aurait pas procuré la contemplation spirituelle à ceux qui s’efforcent de se dépouiller de la connaissance sensible comme mensongère et favorisant l’erreur, capable seulement de percevoir la corruption naturelle aux réalités du corps. Mais la Parole est placée sur le lampadaire lequel est l’Eglise, autrement dit le culte en esprit et vérité pour éclairer tous les hommes.
La lettre en effet, si elle n’est pas comprise selon l’esprit, n’a pas d’autre sens que celui qui est enfermé dans son expression, et elle ne permet pas à l’esprit d’atteindre le sens de ce qui est écrit.
La lampe, c’est-à-dire la parole qui allume la flamme de la connaissance, ne la plaçons pas sous le boisseau, par notre pensée et notre pratique. Alors nous ne serons pas condamnés pour avoir étouffé sous la lettre la force incompréhensible de la Sagesse. Plaçons-la sur le lampadaire qui est l’Eglise, au sommet de la véritable contemplation qui fait flamboyer pour tous la lumière des vérités divines.
