Galates 5, 1b – 25

Comment marcher sous la conduite de l’Esprit

Dom Benoît Standaert

Paul de Tarse, Tome I, p. 171s

C’est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérés. Paul commence avec un nouvel en-tête qui met en relief ce qui est essentiel de la part de Dieu et du Christ : la liberté octroyée. La formulation a quelque chose de tautologique. C’est une évidence : nous avons été libérés pour être libres ! A l’opposé, de façon métaphorique, il y a le joug de l’esclavage : qu’on se garde bien, de grâce, de se remettre sous un tel joug ! Notons la différence de l’énoncé double, sa face positive et son contraire à éviter absolument. Il y a de nouveau du pathos qui se même à la dictée de l’apôtre, et c’est de bon ton dans un nouvel en-tête. La phrase introduite sans particule de conjonction, ce qui est toujours exceptionnel dans le grec, reprend pour une part la thématique, mais introduit surtout les deux derniers chapitres de la lettre, comme une nouvelle thèse, une nouvelle proposition.

C’est moi, Paul, qui vous le dis. Ici, Paul jette toute son autorité personnelle dans la discussion. Le pathos se gonfle d’une référence explicite à l’éthos, l’autorité morale, de l’orateur.

Si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous servira de rien. L’antithèse est crue, mais reconnaissable en raison de ce qui a été dit plus haut : Je n’annule pas la grâce de Dieu ! Et si la justice est donnée par la Loi, alors le Christ est mort pour rien (2,21).

De nouveau, je l’atteste à tout homme qui se fait circoncire : il est tenu à l’observance intégrale de la loi. Nouvel énoncé fort, explicitant une dimension implicite de la circoncision : qui accepte celle-ci s’engage à se soumettre à tout le système de la Loi mosaïque et à l’observer intégralement.

Vous avez rompu avec le Christ, vous qui cherchez la justice dans la Loi ; vous êtes déchu de la grâce. Troisième clausule : qui choisit pour l’un, à savoir la circoncision et la justice selon la Loi, se coupe de l’autre, la grâce, le Christ. Les verbes sont assez terribles : Vous vous êtes retranchés, coupés du Christ, vous avez rompu avec lui. Vous êtes déchus de la grâce ! L’art de pratiquer l’antithèse conduit à ce genre d’oppositions aussi tranchées que possible.