Genèse 12,1-9+15,1-6 ou Siracide 45,1-16 ou Ephésiens 4,1-24

L’école du service du Seigneur

Dom François d’Hautefeuille

Moine avec saint Benoît, p. 27s

Le privilège du moine, son avantage par rapport aux autres chrétiens, est que saint Benoît lui a préparé une piste sur laquelle il puisse courir plus vite et plus sûrement : une schola, une école : Nous voulons fonder une école où l’on serve le Seigneur.

Ecole où l’on étudie les choses de Dieu. Notre bienheureux Père a donc institué une école avec tout ce que cela suppose : les conditions de silence, de paix, de sérénité qui permettent aux disciples de bien profiter de l’enseignement du Maître qu’est le Seigneur. et le moine ne quittera plus les lieux avant le jour où il possèdera la Sagesse, c’est-à-dire la vie éternelle.

Ecole où s’entraînent des soldats. C’est un deuxième sens de schola et qui convient bien ici puisque, quelques lignes plus haut, saint Benoît disait : Il faut donc préparer nos cœurs et nos corps aux combats de la sainte obéissance, à ses commandements. Le moine tout entier, corps et âme, doit entrer en campagne, et saint Benoît a institué une école d’entraînement pour un corps d’élite.

Tout chrétien est un soldat du Christ, à qui saint Paul distribue armes et équipements, et que l’Apocalypse accueille victorieux après le grand combat. Mais les moines doivent constituer la garde personnelle du Christ-Roi, et être plus soldats que les autres chrétiens.

Le combat du moine sera d’abord celui de l’ascèse qu’il mènera avec les très fortes et nobles armes de l’obéissance. Du soldat, le moine aura le sens du devoir et de l’obéissance, l’allant et encore plus la patience, la résistance, la sobriété, les capacités d’adaptation. Un soldat ne s’installe pas, il est disponible et prêt à toute extrémité ; il s’efforce de donner satisfaction à son chef, dut-il y laisser la vie.

La prière sera un autre combat. On voit en saint Paul la place éminente de la prière dans la panoplie de Dieu. Il nous est dit : S’appliquer fréquemment à la prière.

Ecole du service. Cette école est aussi un atelier. Le moine est un ouvrier qui y travaille et exerce son art. nous le verrons travailler de ses mains et intellectuellement, mais son travail essentiel, c’est l’art spirituel qu’il exerce sous la direction du maître de l’atelier. Cet ouvrier est un serviteur et même un esclave qui a voué un service saint. Serviteur, pauvre, humble, obéissant, conforme à cet anawim de l’Ancien Testament, qu’il rencontre sans cesse lorsqu’il récite les psaumes.