2 Corinthiens 3,7 – 4,6
| La Transfiguration du Christ |
Père Divo Barsotti
Vie Mystique et Mystère Liturgique, p. 435s
La Transfiguration du Christ n’a pas été un changement du Christ, ni même de sa nature humaine, mais un changement de la conscience des Apôtres qui purent alors voir Jésus comme il était, resplendissant de la lumière éternelle de sa divinité. De fait, la Divinité avait pénétré, comme une onction, toute la nature humaine du Christ ; la gloire infinie de Dieu avait enveloppé de lumière l’humanité assumée par le Verbe depuis l’instant de son Incarnation ; c’était la nature uniquement terrestre des Apôtres, leur faiblesse spirituelle qui les rendait incapables de voir cette lumière, de constater cette gloire. Jésus veut, pour un instant, ouvrir leurs yeux, afin qu’ils puissent, avec leur âme et leur corps même, entrer dans la réalité surnaturelle et se plonger dans la gloire et dans la lumière de Dieu. La Transfiguration leur montre l’Humanité du Christ toute pénétrée de lumière divine, parce qu’en lui, vraiment, habite corporellement la plénitude de la Divinité.
Durant sa vie mortelle, Jésus cache sa gloire et, sauf au moment de la Transfiguration, il apparaît revêtu de notre misère et de notre mortalité ; mais depuis sa Résurrection, il est pour toujours le Seigneur de la gloire, dans l’éclat de sa Divinité.
Après sa Résurrection donc, il ne peut apparaître que sous l’aspect glorieux qui est propre à l’humanité déifiée. Notre rapport vivant avec le Christ n’est plus maintenant celui que les Apôtres eurent avec lui durant sa vie mortelle, mais c’est nécessairement le rapport avec celui qui a vaincu la mort, est monté au ciel, et est assis à la droite de Dieu.
Quelle signification peut avoir dans l’Eglise la fête de la Transfiguration ? Est-ce seulement le souvenir de la manifestation de la gloire du Christ aux trois disciples préférés ?
De la gloire de la Transfiguration du Christ, on ne célèbre pas seulement la manifestation glorieuse de Jésus aux trois disciples, mais on célèbre le mystère d’une gloire, d’une lumière qui a envahi, pénétré tout l’univers. Non seulement on célèbre la gloire du Christ, mais aussi notre gloire, à nous qui sommes ses membres. De là provient, dans la révélation de notre adoption filiale, notre prière au Père pour qu’il fasse de nous les cohéritiers du Christ ; de là, l’espérance assurée, la certitude triomphante de la transfiguration de nos propres corps dans le rayonnement du sien ; de là, la stupéfiante vision de toute la création illuminée et plongée dans la lumière divine ; de là, la vision de la Jérusalem céleste qui descend du ciel enveloppée de gloire. La liturgie contemple et exalte, dans la Transfiguration du Christ, la glorification de l’homme, ou plutôt la gloire même de Dieu qui se révèle dans l’homme vivant : la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant.
