Zacharie 10,3 – 11,3

« Seigneur, ramène-nous de notre captivité »

Saint Augustin

Discours sur le psaume 125, Discours sur les psaumes, Tome 2, p. 997s

            Le Seigneur a manifesté sa gloire en agissant pour nous : il nous a comblés de joie. Voyez, mes frères, si ce n’est point là ce qu’on chante aujourd’hui parmi les peuples dans l’univers entier ; voyez si de toutes parts on ne vient point dans l’Eglise. Dans l’univers entier, on reçoit le prix de notre rançon, et l’on répond : Amen. Ils chantent parmi les nations, ces captifs de Jérusalem qui doivent y retourner un jour, eux qui sont en exil et qui soupirent après la patrie. Que disent-ils ? Le Seigneur a manifesté sa gloire dans ce qu’il a fait pour nous, et nous sommes comblés de joie. Ont-ils eux-mêmes agi en leur faveur ? Ils n’ont pu que se nuire parce qu’ils se sont vendus par le péché. Le Rédempteur est venu et a fait en leur faveur de grandes choses : il a manifesté sa gloire dans ce qu’il a fait pour eux, il a manifesté se gloire dans ce qu’il a fait pour nous, et nous sommes comblés de joie.

            Seigneur, ramène-nous de notre captivité, comme le vent du Midi ramène le torrent. Que votre charité, frères, écoute bien ces paroles. Déjà il est dit : Quand le Seigneur délivrait Sion de la captivité. Le langage est au passé. Mais les prophètes se servent souvent du passé pour prédire l’avenir. Car c’était au passé qu’il disait dans un autre psaume : Ils ont percé mes mains et mes pieds, ils ont compté tous mes os. Il ne dit point : Ils perceront mes pieds ; ni : Ils compteront mes os ; ni : Ils partageront mes vêtements ; il ne dit point : Ils tireront ma robe au sort. Tout cela est pour l’avenir, et le prophète en parle comme d’un passé. Car tout ce qui doit être, est, en Dieu, comme s’il était accompli. Quand donc le prophète nous dit : Lorsque le Seigneur délivrait Sion de la captivité, nous avons été comme ceux que l’on console : alors notre bouche a été pleine de joie et notre langue d’allégresse. Il nous montre que, sous la figure du passé, il annonce l’avenir, puisqu’il ajoute : Alors on dira parmi les nations. On dira est au futur. Le Seigneur a manifesté sa gloire dans ce qu’il a fait pour nous : nous avons été comblés de joie. Quand on chantait ces cantiques, tout cela devait arriver, et maintenant nous le voyons s’accomplir. Le prophète prie comme pour l’avenir, lui qui, tout à l’heure, annonçait l’avenir sous la forme du passé. Seigneur, mets fin à notre captivité. La captivité n’était donc point terminée puisque le Rédempteur n’était point encore arrivé. Cette prière que l’on faisait à Dieu quand on chantait ces psaumes est donc maintenant accomplie : Seigneur, ramène-nous de notre captivité comme le vent du Midi ramène le torrent.