Malachie 3, 1 – 21
| Le messager du jugement |
Antoine Nouis
Commentaire de la Bible, Tome 4 : Les prophètes, Malachie, p. 843s
Ce chapitre annonce l’arrivée d’un messager qui sera présenté comme étant Elie. Sa venue précède le Jour du Seigneur qui jugera les méchants et rendra justice aux justes.
Le premier verset est souvent associé à celui d’Isaïe (40,5-5) : Quelqu’un crie : dans le désert, frayé le chemin du Seigneur ! Aplanissez une route pour notre Dieu dans la plaine aride ! Alors la gloire du Seigneur se dévoilera et tous la verront ensemble. Ce passage est cité au commencement des Evangiles pour décrire le ministère de Jean : Matthieu (11,14 et 17,12), lui, déclare que Jean est Elie qui devait venir. Elie arrivera dans son Temple à l’improviste. Il arrive : la tension de la foi nous tourne vers la venue du messager dans son Temple et dans nos vies. Il ne faut jamais cesser de l’attendre, afin d’être prêts à l’accueillir quand il se présente. L’attente est le principal moteur de la lutte contre la dégradation de l’étonnement.
Qui pourra soutenir le Jour de sa venue ? Nous trouvons chez le prophète Amos (5,18) l’idée que le Jour du Seigneur sera un Jour redoutable, car il est lié au jugement de Dieu. Qui se tiendra debout quand il paraîtra ? Le livre de l’Apocalypse (7,14) répond que ce sont qui ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau, c’est-à-dire ceux qui se savent au bénéfice de l’amour du Christ. En dehors du Christ, le jugement est terrifiant ; avec le Christ, il est la dignité de notre humanité.
Il est le feu du fondeur : Paul (1 Corinthiens 3,12-15) reprendra cette image lorsqu’il parlera du jugement comme du feu de Dieu qui vient brûler tout ce qui ne mérite pas d’être éternisé dans notre vie, pour ne laisser subsister que ce qu’il y a de beau. Comme la lessive des blanchisseurs qui lave toutes les taches pour nous faire paraître devant Dieu saints, sans défaut et sans reproche, poursuit Paul dans sa lettre aux Colossiens (1,22).
Les fils de Jacob auraient mérité de disparaître de l’histoire, car ils ne se sont pas montrés meilleurs que les autres peuples, mais le Seigneur est le Dieu de la justice ; il est aussi le Dieu du pardon, c’est pourquoi il propose toujours un recommencement au-delà de son jugement.
