Luc 19, 1-10

Zachée sur son sycomore

Père Albert-Marie Besnard

Il faut que j’aille demeurer chez toi, p. 49s

Une bonne nouvelle, une très bonne nouvelle qui a fait dégringoler Zachée de son arbre : Zachée, descends vite, aujourd’hui il faut demeurer chez toi. Voilà une bonne nouvelle pour nous tous. Dieu n’a en quelque sorte qu’une seule parole : Je viens. La première des choses qu’il veut que nous sachions de lui, c’est celle-ci : Il me faut venir demeurer chez toi.

Et c’est lui, Jésus, lui-même qui dit ça : Il me faut demeurer chez toi. C’est vraiment la Réalité de Lui qui s’annonce et se dévoile par là, c’est vraiment une réalité selon Lui et nous qui est en train de se nouer. Voilà bien une bonne nouvelle.

En Jésus-Christ, c’est devenu définitivement une bonne nouvelle. Jésus, c’est Dieu qui met à exécution sa promesse : je viens. Il vient, non pas par manière de parler, par prophète interposé, par symbole, par tout ce qu’on pourrait imaginer pour éviter de prendre à la lettre ce simple verbe : je viens. Jésus est  ce Verbe, je viens, le Verbe devenu chair.

Zachée, descends vite, aujourd’hui il me faut demeurer chez toi ! Chez toi, là où tu vis, là où tu t’arranges avec ta vie et avec ce que tu en fais. Là où tu travailles, où tu triches, où tu voles.

Celui qui s’invite chez toi, celui qui vient sans escorte, sans tribunal, sans dossier, c’est Dieu, Dieu aux mains nues. Lui, le Créateur des mondes, à l’intelligence insondable. Il vient comme un matin naissant, car il est le commencement et le recommencement de tous les commencements. Il vient libre de tout programme, libre de tout préalable, libre pour toi, libre pour la rencontre.

Il vient pour te sauver. Te sauver, cela veut essentiellement dire pour lui : te permettre d’exister de nouveau sous son regard. Après son péché, Adam avait fuit ce regard, et ce fut son malheur. Le bonheur, c’est de pouvoir vivre de nouveau sous le regard de Celui de qui tu tiens tout, qui tient à toi non comme un maître à son esclave, mais comme jamais un père n’a tenu à ses enfants et à tous les siens Mais quel regard ! Un regard sur ta vie, sur ce qu’est réellement ta vie ; un regard si simple, si pur qu’il traverse tout.

Mais n’est-ce pas cela que toi aussi obscurément tu cherches ? Sinon, pourquoi es-tu monté sur ton sycomore ?