Siracide 2, 1-18
Exhortations
Père Robert Michaud
Ben Sira et le Judaïsme, p. 54s
Dans ce chapitre, le maître se tourne vers ceux qui craignent le Seigneur. Il leur adresse trois exhortations : qu’ils comptent sur la miséricorde divine (verset 7) ; qu’ils aient confiance au Seigneur (verset, 8), et qu’ils espèrent ses bienfaits (verset 9). A chacune des trois exhortations, correspondent exactement trois attitudes des ancêtres qui se sont appuyés sur le Seigneur : ils n’ont pas été confondus, ni abandonnés, ni laissés sans secours (verset 10).
Car le Seigneur est compatissant et miséricordieux, il remet les péchés et sauve au jour de la détresse (verset 11).
Ce dernier verset exprime l’une des idées fondamentales du Judaïsme : les faveurs divines, y compris la rémission des péchés, sont dues à la miséricorde infinie du Seigneur.
Hélas ! Il y a les renégats qui délaissent la foi des pères pour adopter les idées nouvelles colportées par les Grecs ; n’oublions pas que nous sommes dans les années qui précèdent la révolte des Maccabées. Aussi n’est-il pas étonnant d’entendre Ben Sira profiter des malédictions contre trois groupes d’hommes : les lâches (verset 12), les nonchalants (verset 13), les blasés (verset 14). Et, pour finir, à ces tristes sires sont opposés, dans une triple louange, ceux qui craignent, ou aiment le Seigneur ; eux, au contraire, ils sont fidèles à écouter sa parole et à suivre ses voies (verset 15) ; en outre, ils s’efforcent de lui plaire et se nourrissent de sa loi (verset 16) ; enfin, toujours prêts et humbles, ils déclarent : Nous tomberons entre les mains du Seigneur, et non entre les mains des hommes ; car telle est sa grandeur, telle aussi sa miséricorde (verset 18).
Ce deuxième chapitre du livre de l’Ecclésiastique résume exactement la psychologie religieuse de l’âme juive qui, pour conserver intégralement le trésor de la révélation, doit résister à toutes sortes d’épreuves et de persécutions.
