Siracide 15, 11-20

« Liberté et Rétribution »

 Père Maurice Gilbert

Les cinq livres des Sages, La Sagesse de Ben Sira, p. 182s

L’homme est le seul responsable de son péché. Pour le montrer, Ben Sira remonte à l’acte originel par lequel Dieu a créé l’être humain. Or, en le créant, Dieu l’a doté du pouvoir de choisir librement son inclination : vers quoi penchera-t-il ? Il s’agit bien ici du libre arbitre : par trois fois, le choix volontaire de l’homme est mentionné. S’il choisit d’obéir à Dieu en accomplissant son précepte, il fera preuve d’intelligence, c’est-à-dire de sagesse. Comme le disait déjà le Deutéronome (30,15.19), ce choix suppose une alternative : soit le feu qui fait mourir, soit l’eau qui fait vivre. A toi de choisir, dit Ben Sira à l’adresse du disciple. Et ce choix entraîne des conséquences : Ce qu’il veut lui sera donné. En d’autres termes, la rétribution de nos actes dépend de nos choix libres.

Pour compléter son argumentation, Ben Sira explique ensuite que cette rétribution est inévitable parce que Dieu, qui ne manque certes pas de puissance, observe attentivement le choix de chacun. Leur rétribution est certaine : Ben Sira le sait par sa propre expérience autant que par le témoignage de l’histoire ancienne de son peuple. Son expérience personnelle rejoint les affirmations d’Ezéchiel : chacun est responsable de ses propres actes. Pour un homme juste, des fils impies sont un désastre : il ne doit pas se fier à leur destinée. Avoir une descendance n’est donc pas de soi une bénédiction. Aussi mieux vaut un seul fils que mille et mourir sans enfants qu’avoir une postérité perverse. Que le jeune disciple y réfléchisse ! La responsabilité personnelle de chacun est ainsi soulignée : qui agit mal sera puni et qui fait le bien aura sa récompense : tout homme trouvera devant lui ce qui découle de ses actes.