Siracide 24, 1-22

« Je suis le froment de Dieu »

 Saint Ignace d’Antioche

Lettre aux Romains, SC 10 bis, IV,1-2 + VII,1-8, p. 131s

Pour moi, j’écris à toutes les Eglises et je dis à tout le monde que, moi, je mourais volontiers pour Dieu, si du moins vous-mêmes ne m’en empêchez pas. Je vous en supplie, n’ayez pas envers moi une bienveillance malencontreuse. Laissez-moi  devenir la pâture des bêtes, grâce auxquelles on peut rejoindre Dieu. Je suis le froment de Dieu et je serai moulu par la dent des bêtes pour être jugé comme un pain très pur du Christ.

Implorez le Christ pour moi, afin que par l’action des bêtes je sois une victime offerte à Dieu.

    Le prince de ce monde veut m’entraîner, et corrompre les sentiments que j’ai pour Dieu. Que personne donc, parmi vous qui êtes là, ne lui apporte du renfort ; soyez plutôt de mon parti, qui est celui de Dieu. Ne parlez pas de Jésus-Christ, alors que vous désirez le monde. Que l’envie n’habite pas en vous. Quand je serais près de vous, si je vous implore, ne me croyez pas : croyez plutôt ce que je vous écris. En effet, je vous écris alors que je suis vivant, mais en désirant mourir. Mon désir terrestre a été crucifié, et il n’y a plus en moi d’ardeur pour aimer la matière, mais une eau vive qui murmure pour dire au-dedans de moi : Viens vers le Père. Je ne prends plus de plaisir à la nourriture périssable, ni aux plaisirs de cette vie. Je désire le pain de Dieu qui est la chair de Jésus-Christ, issu de David, et, comme boisson, je désire son sang qui est l’amour impérissable. Je ne veux plus vivre comme les hommes. C’est ce qui se réalisera, si vous voulez. Je vous prie de le vouloir pour que, vous aussi, vous rejoigniez le bon vouloir de Dieu. Je vous le demande par  ces quelques mots. Croyez-moi, Jésus-Christ vous fera découvrir que je dis vrai ; il est la bouche exempte de mensonge par laquelle le Père a parlé en toute vérité. Demandez pour moi que je sois exaucé. Ce n’est pas selon la chair que je vous écris, mais selon la pensée de Dieu. Si je subis ma passion, vous m’aurez montré de la bienveillance ; si j’en suis exclu, vous m’aurez montré de la haine.