Actes 21,40 – 22,21

Harangue de Paul aux Juifs de Jérusalem

Père Pierre Debergé

Avec Pierre et Paul en suivant les Actes des Apôtres , p. 143s

Ayant obtenu le silence de la foule, Paul s’adresse à elle en langue hébraïque, ce qui provoque un plus grand silence.

Paul commence comme Etienne, en annonçant qu’il va parler pour sa défense. Autrement qu’Etienne, mais de manière similaire à Pierre en son temps, Paul ne cherche cependant pas à se justifier à l’aide d’arguments théoriques. Non, il raconte son expérience, car ce qu’il veut, c’est que ceux qui l’écoutent comprennent que c’est Dieu lui-même qui l’a appelé à être son témoin devant les nations. Cela nous vaut un récit de vocation parallèle à celui qu’il a donné juste après sa conversion (Actes 9,1-19).

Paul évoque d’abord son origine et ses agissements comme perturbateur de la Voie. Il rappelle également à ses auditeurs qu’il était, comme juif de stricte observance, l’un des leurs, et que, bien que né à Tarse, il a été élevé à Jérusalem. Luc en profite ainsi pour compléter les informations dévoilées peu à peu sur Paul. C’est seulement ici que nous apprenons en effet, qu’il a été l’élève de Gamaliel, dont Luc avait déjà parlé en 5,34, en signalant qu’il était docteur de la Loi estimé de tout le peuple ! Ce rappel est pour Paul une manière discrète de récuser ceux qui l’accusent de parler contre la Loi, puisqu’il évoque avec respect le Maître qui lui a appris à interpréter la Torah !

La suite est très proche du récit déjà fait au chapitre 9. Les paroles du dialogue entre le Seigneur et Saoul sont rapportées presque en termes identiques. Paul ajoute seulement le titre de Nazoréen à la première réponse de Jésus, et s’attribue une seconde question : Que dois-je faire, Seigneur ? Mais ses souvenirs accentuent l’intensité du phénomène lumineux : c’est midi, et c’est une grande lumière venue du ciel qui l’enveloppe. Une différence notable apparaît également dans la manière de relater ce qu’ont vécu les compagnons de Paul : au chapitre 9, ils entendaient la voix, mais ne voyaient personne ; ici, ils virent bien la lumière, mais ils n’entendirent pas la voix qui me parlait.

Paul aurait sans doute voulu continuer son récit. Mais les auditeurs ne lui en laissent pas le loisir. Sa dernière phrase les remplit de colère et ils se remette à vociférer. Il y ajoutent de telles manifestations de fureur que le tribun ordonne de faire entrer Paul dans la forteresse. Invoquant sa qualité de citoyen romain, Paul en impose au tribun lui-même, lequel fait traiter Paul selon la Loi : il sera tenu en résidence dans la forteresse, mais sans être enchaîné.