Esdras 1,1-8 + 2,68-3,8
| Le retour des exilés |
Saint Bède le Vénérable
Commentaire sur Esdras, Lectionnaire de Solesmes, Tome 3, p. 188s
Le Temple ruiné, la ville de Jérusalem également détruite, ses habitants exilés à Babylone, mais rendus à leur patrie par la miséricorde de Dieu, après les soixante-dix ans où ils firent pénitence de leurs fautes, et enfin la restauration très laborieuse du Temple et de la ville sainte, tout cela désigne en figure ceux qui, trompés par le diable, non seulement perdent la sincérité de la foi et l’intégrité de l’œuvre bonne, mais semblent même devenir pareils aux païens et aux publicains par la dureté de leur crime, selon cette parole du Seigneur : S’il n’écoute pas l’Eglise, qu’il te soit comme un païen et un publicain.
Quelques-uns pourtant se reprennent, par grâce divine, et reviennent à l’Eglise quand, transpercés par la lumière fulgurante de l’Esprit-Saint, ils recommencent à écouter et à garder les préceptes de la loi divine qu’ils avaient abandonnés. Il y a en effet sept dons de l’Esprit, et le prophète Isaïe les énumère en les discernant très clairement. D’autre part, la somme entière de la loi divine se condense en dix préceptes. Et sept multiplié par dix donne le nombre de soixante-dix. Les Israélites déportés à Babylone pour leurs œuvres perverse, puis libérés après soixante-dix ans et reconstruisant la maison de Dieu et la cité sainte, ont ainsi une signification symbolique.
Parfois, en effet, des hommes qui, séparés de la communion et de la société de la sainte Eglise par leurs péchés, avaient rejoint le sort et la foule des infidèles, s’appliquent de nouveau à l’exercice des bonnes œuvres, par un don de l’Esprit-Saint, et recouvrent ainsi la communion avec les fidèles, c’est-à-dire avec la ville et la Maison du Seigneur d’où ils avaient été rejetés. Remarquons en effet que la Maison du Seigneur, reconstruite après l’incendie et la cité de Jérusalem restaurée après sa destruction, et encore le peuple lui-même renvoyé dans sa patrie après la captivité, et les vases sacrés rapportés à leur place après avoir été volés, tout cela annonce, au sens typologique, un seul et même retour des pénitents à l’Eglise.
