Proverbes 31,10-31 ou 2 Corinthiens 5,11-21

Marie-Madeleine

Père Renaud Silly

Dictionnaire Jésus, p. 623s

            Jésus a eu pour témoin oculaire le disciple bien-aimé de Jésus, identifié par la tradition ancienne avec l’apôtre Jean, source du quatrième évangile. Les marques en sont discrètes, mais bien présentes.

            Dans cet évangile se cache toutefois, serti comme un pur joyau dans sa trame délicate, un personnage encore plus mystérieux : Marie-Madeleine, pendant féminin du disciple bien-aimé, qui permet d’atteindre la vérité sur Jésus, non seulement par les voies naturelles de la connaissance historique, mais aussi par une révélation intérieure, mystique. Jésus fascine non seulement à cause de ce qu’il a accompli, mais encore parce qu’il s’est suscité deux témoins exceptionnels, un homme et une femme, qui ont revêtu leur témoignage respectif de la seule authenticité qui convienne en définitive à Jésus : celle de l’Esprit-Saint.

            Jésus lui-même institue Marie-Madeleine comme témoin privilégié lorsqu’il prononce cette phrase sans équivalent dans les évangiles : Partout où sera proclamé l’Evangile, au monde entier, on redira à sa mémoire ce qu’elle vient d’accomplir (Marc 14,9). Cette parole choquante suggère que l’Evangile comme événement empirique pouvait éventuellement tomber dans l’oubli. Mais l’Evangile proclamé par Marie-Madeleine ne disparaîtra jamais : ses dimensions s’étendent jusqu’aux extrémités de l’univers. La parole qui ne passera pas (Matthieu 24,35), c’est de Jésus reprise par Marie-Madeleine et garantie par elle. La tradition chrétienne l’a d’ailleurs bien perçu : dans la séquence de Pâques, les fidèles du Christ s’adressent ainsi à la sainte : Dis-nous, Marie, ce que tu as vu en chemin. – J’ai vu le tombeau du Dieu vivant et la gloire du Ressuscité. Marie-Madeleine est le témoin par excellence de Jésus.