Malachie 1,1-14 + 2,13-16
| « Je vous ai aimés ! » |
Père Gaston Brillet
365 méditations sur la Bible, Tome 3 : La Prophétie, p. 222s
Je vous au aimés ! C’est le commencement d’un jugement de la nation, prêtres et peuple. Et Dieu montre comme il a aimé la nation par la comparaison entre Jacob et Esaü, c’est-à-dire entre Israël et Edom, deux frères et deux peuples, deux vies et des siècles d’histoire.
Cette nation a besoin qu’on le lui montre. Elle ose dire : En quoi nous as-tu aimés ? Qu’elle rappelle à sa mémoire le passé, qu’elle regarde de ses yeux le présent ! Mais l’infidélité n’a ni mémoire pour se souvenir, ni yeux pour voir.
Le jugement commence ici. Décidément, l’état moral de la nation, depuis le retour d’exil, est lamentable. A commencer par les prêtres. Le culte, entre leurs mains, est devenu une dérision divine. Ils offrent des victimes tarées. Et Dieu a cette ironie terrible : Présente-les donc à ton haut commissaire ! Tu verras comment elles sont reçues, et toi aussi…
De tels jugements dépassent le cas qu’ils visent : ce culte frelaté, ces prêtres fraudeurs, cette nation sans conscience religieuse, ni morale. Ils nous atteignent.
Car voici une de ces paroles dont s’occupait notre méditation précédente qui ont une double vie. Je ne prends nul plaisir, déclare dieu Sabaoth, et n’ai point agréables les offrandes de vos mains : mais de l’Orient au Couchant, mon Nom est grand chez les nations, et en tout lieu un sacrifice d’encens est présenté à mon Nom ainsi qu’une offrande pure. Car grand est mon Nom chez les Nations !
Les dimensions d’une telle parole, dans le temps et dans l’espace, en ce monde et en l’autre, nous échapperont toujours. Veut-elle dire que les Païens eux-mêmes offrent présentement à Dieu des adorations et des sacrifices qui Lui plaisent, et qui Le consolent de ceux d’Israël ? Veut-elle annoncer un culte messianique idéal qui va venir ?…
Mais il est clair comme la lumière qu’un geste de Jésus a posé dans le monde une offrande pure, un sacrifice qui a envahi la terre toute entière, et qui, sous nos yeux, tous les jours, partout se renouvelle… Se retournant vers les prêtres maquignons et le culte d’Israël, Dieu lance sa sentence : Si vous ne m’écoutez pas… Avec Dieu, il y a toujours un si, nous l’avons vu : c’est le si de la pénitence.
