Tite 1, 1–16
« La charité est la force de la foi, la foi est l’armure de la charité »
Saint Léon le Grand
Sermons 7 (45), 2, Lectionnaire de Solesmes, p. 596s
Le modèle de leur conduite, les chrétiens le trouvent dans la façon d’agir de Dieu ; et Dieu lui-même exige à juste titre d’être imité par ceux qu’il a créés à son image et à sa ressemblance. Ainsi ne pourrons-nous obtenir les richesses de sa gloire si l’on ne trouve en nous miséricorde et vérité. C’est par ces voies que le Seigneur est venu vers ceux qu’il allait sauver, et c’est aussi par elles que les sauvés doivent venir à la rencontre de celui qui les sauve ; ainsi, la miséricorde de Dieu les rendra miséricordieux, et sa vérité les rendra vrais.
L’âme droite avance donc sur le chemin de la vérité comme l’âme charitable que celui de la miséricorde. Jamais pourtant ces deux voies ne se séparent, comme si l’on allait par des sentiers divers vers des buts différents, et si croître dans la miséricorde pouvait être autre chose que progresser dans la vérité. En fait, l’homme étranger à la vérité n’est pas miséricordieux, et celui qui ignore la bonté est incapable de droiture : qui n’est pas riche de l’une et de l’autre ne possède ni l’une, ni l’autre.
La charité est la force de la foi, la foi est l’armure de la charité. Chacune d’elle ne mérite son nom et ne porte son fruit que si leur union demeure indissoluble. Quand elles n’existaient pas ensemble, ensemble elles font défaut, car elles se donnent mutuellement aide et lumière jusqu’au jour où la récompense de la vision viendra combler l’ardente foi de la foi et où, sans aucun changement possible, nous verrons et nous aimerons ce que maintenant nous ne pouvons aimer sans la foi, ni croire sans l’amour.
Nous avons là deux ailes très puissantes dont le vol emporte le cœur pur jusqu’à l’amitié et la vision de Dieu, sans le laisser succomber sous le poids des soucis de la chair. L’apôtre dit que sans la foi, impossible de plaire à Dieu ; il affirme également : Quand j’aurais la foi, une foi à emporter les montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien. Ce Dieu devant qui nous nous inclinons par l’adhésion de notre intelligence, unissons-nous à lui en imitant sa bonté. Il nous dit lui-même : Soyez saints, parce que je suis saint, soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux.
