Matthieu 21, 28-32
Les publicains et les prostituées vous devanceront dans le Royaume
Saint André de Crète
Dans Olivier Clément, Le chant des larmes, p. 119s
Dans ta compassion, ô mon Dieu, jette sur moi les yeux de ton amour. Et reçois ma confession brûlante.
Plus que tous les hommes, j’ai péché, j’ai péché contre toi seul, Seigneur ; pourtant, prends-moi dans ta pitié, ô mon Sauveur, puisque je suis ta créature.
Sous l’ardeur du plaisir, j’ai dévasté la beauté de mon âme ; j’ai souillé, ô mon Sauveur, ton image et ta ressemblance.
Les larmes de la prostituée, moi aussi je te les offre, ô Compatissant, toi qui sauves, pardonne dans ta miséricorde !
Les forces du mal ont labouré mon dos, elles m’ont creusé de leurs griffes d’iniquité. J’ai succombé sous l’assaut des passions destructrices, et me voici livré à l’ennemi. A la pauvreté, j’ai préféré une vie avare et cupide ; en maintenant sa pesanteur m’écrase. Je n’ai eu souci que de la beauté apparente, et le sanctuaire intérieur, façonné par Dieu, je l’ai négligé. Comme la prostituée, je te crie : j’ai péché, contre toi seul j’ai péché !
Reçois mes larmes, ô mon Sauveur, comme tu as accepté le parfum de la pécheresse ! Pardonne-moi ! Comme le publicain, je crie vers toi : pardonne-moi, Sauveur, car dans la descendance d’Abraham, nul n’a péché comme moi !
Comme David, je suis tombé et je me suis couvert de boue. Mais de même que David s’est lavé dans ses larmes, lave-moi, mon Sauveur !
Je n’ai ni larmes, ni repentir, ni douceur spirituelle, mais toi, mon Sauveur et mon Dieu, donne-les à ta créature ! Ne me ferme pas la porte, Seigneur, Seigneur ! Ouvre-la à mon repentir ! Entends mon âme qui gémit, mon cœur qui languit ! Reçois mes larmes, ô mon Sauveur, et sauve-moi !
Tu aimes l’homme et tu veux que tous soient sauvés. Rappelle-moi dans ta bonté !
Dans ta bonté, accueille-moi ! Je me repens.
