Siracide 11, 12-28
Comment trouver Dieu ? En dépassant et l’univers sensible et soi-même
Saint Augustin
Les Confessions, X, 9, DDB, Tome 14, p. 155s
J’ai interrogé la terre et elle a dit : Je ne suis pas Dieu. Et tout ce qui est en elle a fait le même aveu. J’ai interrogé la mer, les abîmes, les êtres vivants qui rampent. Ils ont répondu : Nous ne sommes pas ton Dieu, cherche au-dessus de nous. J’ai interrogé les brises qui soufflent ; et tous les espaces aériens ont dit avec ceux qui les habitent : nous ne sommes pas Dieu. J’ai interrogé le ciel, le soleil, la lune, les étoiles : Nous non plus nous ne sommes pas le Dieu que tu cherches, disent-ils.
Alors, je me suis tourné vers moi : Et toi, qui es-tu ? J’ai répondu : Je suis homme. Et voici un corps et une âme qui sont à moi, à ma disposition, l’un à l’extérieur, l’autre à l’intérieur.
Quel est celui des deux auquel j’aurai dû demander mon Dieu, demande que j’avais déjà faite par l’intermédiaire du corps depuis la terre jusqu’au ciel, aussi loin que j’avais pu envoyer en messagers les rayons de mes yeux ?
Mais le meilleur est l’élément intérieur : c’est à lui, en effet, qu’en référaient tous les messagers corporels, comme au président et au juge des réponses du ciel et de la terre et de tout ce qu’ils renferment, quand ils disaient : Nous ne sommes pas Dieu, et c’est lui-même qui nous a faits. L’homme intérieur a pris connaissance de ces êtres par l’entremise de l’homme extérieur.
C’est moi, l’homme intérieur qui ai pris connaissance, moi, moi l’esprit, par les sens de mon corps. J’ai interrogé la masse de l’univers sur mon Dieu, et elle m’a répondu : Ce n’est pas moi qui le suis, mais c’est lui-même qui m’a faite.
