Siracide 14,20 – 15,10

« Heureux l’homme qui médite sur la Sagesse »

 Père Gaston Brillet

365 méditations sur la Bible, p. 150s

La Sagesse ne se trouve que dans une solitude, et cette solitude est intérieure à l’homme. On peut bien la représenter par les rues, par les places, c’est de la représentation. Elle parle dans le silence du cœur. L’homme si chargé qu’il soit de famille ou d’affaires, ou mieux : plus il est chargé d’intérêts ou de soucis, plus il vit au-dedans de soi et du dedans de soi. Tout est vie intérieure. 

Notre Sage nous dit cela en images, parce qu’il est un maître et qu’un maître doit faire grand usage de figures, quitte à les corriger et les compléter ensuite. Tout doit nourrir sa pensée : il doit méditer, avec assiduité et continuité d’attention et profondeur de réflexion. 

On sait que la Sagesse est la voix et la pensée même de Dieu, les Sages l’ont dit et chanté. Et l’objet ultime et intime de la pensée de l’homme, c’est Dieu. Que l’homme médite sur la vie ou sur le monde, sur lui-même ou sur les autres, sur ses devoirs ou sur ses soucis, il médite sur Dieu, même s’il ne Le connaît pas, mais il Le cherche.

De son côté, la Sagesse, Dieu, cherche l’homme et vient à lui. La méditation est une rencontre, une conversation, une communion.

Le Sage nous dit que la Sagesse nourrit d’un pain, abreuve d’une eau son disciple,qu’elle le fortifie s’il s’appuie sur elle, qu’elle l’élève au-dessus des autres et lui donne le bonheur, une couronne de joie.

En des images moins allégoriques, il vient de dire que l’homme se poste tout près de sa demeure, fixe un pieu dans ses murailles, la demeure et les murailles de la Sagesse. C’est-à-dire que la pensée fonde la vie, que la méditation construit l’existence de l’homme, que rien n’est fécond, réalisateur, pratique comme la méditation de la Sagesse.

Toute la vie de l’homme qui pense, médite et prie s’en ressent : … et il s’établit dans la gloire. Si modeste que soit la gloire, cela est vrai. Car ce n’est pas l’activité qui agit, c’est la pensée. L’activité sert et obéit.

N’avons-nous pas grand besoin de cette leçon de solitude et de recueillement intérieurs, de méditation et de prière ?