Sagesse 13,1-10 + 14,15-21 + 15,1-6
Israël n’est pas idolâtre
Pères Henri Duesberg et Irénée Fransen
Les scribes inspirés, p. 842s
L’auteur du livre de la Sagesse sent venir l’objection qui brûle les lèvres : en face des païens sans morale, quel est l’avantage des Juifs, sont-ils impeccables ? Non, car les clients de la Sagesse, depuis Adam jusqu’au simple, enlevé à temps, n’échappent pas à la fascination du néant. Mais alors ?
Les Juifs dans leurs rapports avec Dieu se trouvent sur le pied de la miséricorde. Voilà l’aveu essentiel de l’humilité sincère. Ils sont capables de faillir et ressemblent par là au reste des hommes. Il n’y a nulle place ici pour le pharisaïsme traditionnel. Mais, par la grâce divine, Israël est à Dieu, et, dans le péché, il garde conscience de son Dieu : Dieu, notre Dieu, nous n’avons d’autres maîtres que toi, nous ne nous souviendrons que de ton Nom !
Cette fidélité de la foi, qui est rectitude de l’esprit, mais aussi orientation du cœur, fait toute la différence d’avec les Gentils. Subsidiairement, le peuple rendra gloire à son Créateur par ses bonnes mœurs. Mais ce qu’il faut retenir, c’est la définition en style lapidaire : Te connaître, voilà la justice intégrale. Israël depuis l’exil ne songe plus à se séparer de Dieu, ou ce serait par l’apostasie individuelle, en quittant son propre peuple, parce qu’il n’arriva pas dans notre génération, et il n’y a pas aujourd’hui ni tribu, ni famille, ni peuple, ni cité des nôtres qui adorent des dieux faits de main d’homme, comme il arriva aux jours d’autrefois.
Les Juifs ne cèdent plus à l’attirance des faux dieux. Ils ont enfin compris les leçons du Deutéronome racontant la scène du Sinaï. Or le Seigneur vous adressait la parole du milieu de la flamme ; le son des paroles, vous l’entendiez, mais de forme vous ne voyiez rien sinon le son.
Telle est la doctrine de la Sapience sur les privilèges du peuple juif. Aucune nécessité apologétique ne fera qu’il le décrive sous des traits fallacieux. Ces justes, ces saints, ces enfants de Dieu sont sujets à pécher comme à être châtiés. Mais leurs égarements comme leurs corrections gardent un air de famille parce que la gnose qu’ils professent au sujet de Dieu est filiale.
