Jean 14, 15-21

La Promesse de la Présence

Père Xavier Léon-Dufour

Lecture de l’évangile selon Jean, Tome III, p. 111s

Les destinataires de la Promesse sont ceux qui gardent la parole de Jésus, tout comme la condition posée pour la promesse des œuvres était la foi en Lui. A partir du verset 15, début de l’évangile de ce dimanche, la phrase : Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements à moi, revient à quatre reprises sous des formulations synonymes et encadre l’ensemble des versets de cet évangile.

La parole à deux membres du verset 15 revient, tel un refrain : m’aimer et garder mes commandements ou garder ma parole sont toujours en relation mutuelle, de sorte que l’une reflète l’autre, quel que soit l’ordre. Ce refrain ne tient pas seul, il introduit à chaque fois l’énoncé d’une action du Père lui-même, présentée comme une conséquence : Et moi, je m’adresserai au Père et il vous donnera un autre Paraclet, Et celui qui m’aime sera aimé de mon Père.

Ces versets sont structurés non pas par le seul verbe « aimer », mais par le couple aimer/garder qui a pour objet Jésus/ses commandements ou sa parole, et qui aboutit à une action du Père gratifiant le disciple. Ce couple vient à Jean de la tradition deutéronomique : aimer Dieu, c’est adhérer à sa volonté et garder ses commandements ne font qu’un pour Israël appelé à l’Alliance. L’une et l’autre expression sont fréquentes dans le Premier Testament, mais c’est dans le Deutéronome qu’elles se trouvent jumelées et qu’apparaît fort souvent l’agencement condition/récompense. De plus, un des versets johanniques présente la même corrélation qu’un passage où s’exprime la quintessence du message deutéronomique, l’amour indéfectible du Dieu de l’Alliance pour ceux qui lui sont fidèles : Tu sauras que le Seigneur ton Dieu … garde son Alliance et son Amour pour mille générations à ceux qui l’aiment et gardent ses commandements (Deutéronome 7,9). Jean dit au verset 21 : Qui garde mes commandements, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père. L’Alliance n’est pas nommée, mais elle est évoquée : Nous viendrons à lui et nous établirons une demeure auprès de lui, ce qui reflète la promesse vétérotestamentaire : J’établirai ma demeure au milieu de vous.