Jean 6, 51-58

Le vrai Pain venu du ciel

Suzanne de Diétrich

L’heure de l’élévation à l’écoute de saint Jean, p. 62s

La foule demande un signe : quelque manne nouvelle tombée du ciel. Celui qui donne cette manne est devant elle, mais elle ne le sait pas. Voici, il y a ici plus que Moïse, plus que les miracles du désert. Ils n’étaient que signes et figures de Celui qui devait venir.

Vous murmuriez alors. Vous murmurez aujourd’hui. Vous murmurez toujours. Mais celui que le Père attire, et qui croit, celui qui vient à Moi sera à jamais nourri et rassasié au grand banquet de la vie. Et je le ressusciterai au dernier jour. Et les Juifs de murmurer à nouveau : Comment cet homme peut-il se dire descendu du ciel ? … nous connaissons son père et sa mère ! L’origine de Jésus, permanent sujet de controverse, et le restera.

Seul le Fils révèle le Père. Mais seul aussi le Père révèle le Fils, attire les hommes vers Lui. Paradoxe de la foi contre lequel viennent buter toutes nos logiques humaines. Car l’Evangile nous dit avec une égale fermeté que seuls peuvent croire ceux à qui cela est donné, et que les Juifs sont coupables de leur incrédulité. Seule la foi peut saisir les deux termes opposés, car elle en vit la vérité. Elle sait que tout est grâce. Elle sait que, dans la démarche de la foi, Dieu est toujours premier, suscitant l’Amen de nos lèvres rebelles. Elle ne cesse de s’émerveiller devant un mystère de grâce toujours renouvelé, toujours immérité.

C’est Moi, le Pain vivant, descendu du ciel. Qui mangera ce Pain vivre éternellement. Et le Pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde. Pain vivant de la Parole qui doit être reçu, assimilé, devenir en nous énergie, comme le pain matériel devient sang, chair et muscles. Recréation continue de notre être par cette Parole qui est Esprit et Vie.

Cette Parole a été faite chair et cette chair est donnée pour la vie du monde. Pain Vivant, Pain Eucharistique. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. Nourris de sa vie donnée, de son corps ressuscité. Unis par la foi à cette vie, à cette résurrection, de l’union la plus vitale qui soit. Qui mangera ce Pain vivra éternellement. Le plus grand mystère de la foi : Présence réelle et cachée, sous des espèces charnelles, pour nous vivifier tout entiers, corps, âme, esprit et se faire garante de notre éternité.