Esdras 4, 1-5 + 24 – 5,5
| Le Temple postexilique |
Père Roland de Vaux
Les Institutions de l’Ancien Testament, Tome II, p. 162s
En terre d’exil, Ezéchiel (40,1-44) avait eut la vision d’un Temple nouveau, dans une Jérusalem restaurée et idéalisée. Sa longue description ne nous intéresse qu’indirectement, car cet édifice ne fut jamais réalisé. Cependant, Ezéchiel avait vu le Temple de Salomon encore debout et donna à son sanctuaire la même disposition essentielle ; d’autre part, ces chapitres paraissent avoir inspiré les reconstructions postérieures du Temple.
En 538 avant Jésus-Christ, Cyrus autorisa les Juifs à revenir à Jérusalem et à y rebâtir le Temple de leur Dieu aux frais du trésor royal ; il leur fit rendre le mobilier d’or et d’argent que Nabucodonosor avait emporté comme butin.
Les premiers exilés revenus en Palestine rétablirent un autel sur l’ancien emplacement, et commencèrent les travaux de reconstruction du Temple. Il semble qu’on ne fit alors que dégager le tracé des anciens murs et niveler à l’entour, puis les travaux furent interrompus par une obstruction des Samaritains, d’après la lecture du texte entendu. Ils ne reprirent que la deuxième année de Darius, en 520 avant Jésus-Christ, et furent achevés 5 ans plus tard.
De ce Temple, nous savons très peu de chose ; le décret de Cyrus prévoyait ses mesures et son mode de construction : trois assises de pierres et une assise de bois, comme dans les constructions solomoniennes. De la vision d’Ezéchiel, il n’en reste que son esprit : c’est le plan d’un réformateur qui met concrètement en œuvre les idées de sainteté, de pureté, de spiritualité qui animaient sa prédication. Les taches qui avaient souillé l’ancien sanctuaire devaient disparaître. Le Temple, élevé dans un carré sacré, devait être isolé du domaine profane, protégé par deux enceintes où des portes contrôlaient les entrées, aucun étranger n’y pouvant pénétrer. Rien n’était dit des installations cultuelles, sauf l’autel des holocaustes devant le Temple, ainsi que, dans le Hêkal, une sorte d’autel en bois, l’ancienne table des pains d’oblation. Dans le Saint des Saints, il n’y a plus l’arche d’Alliance, mais la gloire de Dieu devait emplir le sanctuaire où Dieu habiterait au milieu des enfants d’Israël, comme au désert. Le Temple devait être le centre de la théocratie restaurée.
