Néhémie 9, 1-2 + 5-21
| « Partout où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis avec eux » |
Saint Cyprien de Carthage
L’Unité de l’Eglise, SC 500, 12, 1-29 + 40-45, p. 207s
Que l’on n’aille pas se leurrer par une interprétation illusoire de la déclaration du Seigneur : Partout où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis avec eux (Matthieu 18,20). Ces gens altèrent l’Evangile et en faussent l’interprétation en citant la fin d’une parabole et en omettant ce qui précède, retenant alors une fraction du texte et dissimulant subrepticement l’autre ; tout comme eux-mêmes ce sont isolés de l’Eglise, ils isolent une phrase dans un passage qui a son unité. En effet, le Seigneur, recommandant à ses disciples le parfait accord et la paix, dit ceci : Je vous le déclare, si deux d’entre vous s’entendent sur la terre à propos de quoi que ce soit que vous demanderez, vous l’obtiendrez de mon Père qui est dans les cieux. Partout en effet où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis avec eux. Il montre par là que ce n’est pas le nombre, mais le parfait accord des suppliants qui compte le plus pour être exaucé.
Si deux d’entre vous, dit-il, s’entendent sur la terre : le Seigneur a placé en tête le parfait accord, il a mis avant le reste la concorde dans la paix, par un enseignement fidèle et ferme, il nous a engagés à nous entendre. Mais comment peut-on s’entendre avec un autre si on ne s’entend pas avec le corps de l’Eglise même et avec tout l’ensemble des frères ? Comment deux ou trois peuvent-ils s’assembler au nom du Christ, quand il est avéré qu’ils se séparent du Christ et de son Evangile ? Car, ce n’est pas nous qui avons rompu avec eux, mais eux avec nous, et dès que dissidences et schismes sont nés par la suite avec la constitution de groupuscules aux positions contradictoires, ils ont abandonné la source et l’origine de la vérité.
Or, le Seigneur parle de son Eglise, et il parle à ceux qui sont dans cette Eglise, afin que, si la concorde les unit, si dans le respect de ses commandements et de ses avertissements, ils se rassemblent, même à deux ou trois pour prier en parfait accord, ils puissent, même s’ils ne sont que deux ou trois, obtenir de la majesté de Dieu ce qu’ils sollicitent. Partout où se trouvent deux ou trois, dit-il, je suis avec eux : il ne met pas des gens à part de l’Eglise, lui qui a institué et créé l’Eglise ; au contraire, il réprouve la discorde imputable aux gens sans foi, et il élève la voix pour recommander la paix aux fidèles, en mettant en évidence qu’il est davantage aux côté de deux ou trois qui prient en parfait accord, plutôt qu’avec une multitude désunie, et qu’on peut obtenir davantage par la supplication unie d’un petit nombre, plutôt que par la prière discordante d’une foule.
