Néhémie 7,72b – 8,18
| La fête des Tentes |
Père Roland de Vaux
Les institutions de l’Ancien testament, Tome II, p. 397s
La troisième des grandes fêtes annuelles est appelée, dans les traductions françaises, la fête des Tabernacles, ou des Tentes, ou des huttes. Tabernacles est une transcription du terme employé par la Vulgate et dit peu de chose au lecteur moderne. Tentes, qui est une traduction française du vocable latin, lui dit davantage, mais l’induit en erreur : la célébration de la fête n’a jamais comporté l’érection de tentes ; nous ne retenons ici cette appellation que parce qu’elle a été adoptée par la traduction française employée habituellement. Huttes est moins joli, mais est la traduction exacte du nom hébreu de cette fête.
Cette fête était le plus important et le plus fréquenté des pèlerinages annuels. Les textes anciens ne laissent aucun doute sur le caractère de la fête : c’est une fête agricole, celle de la Récolte, quand on rentre les produits des champs. Après qu’on a récolté les derniers fruits de la terre, pressé les olives et le raisin, on vient rendre grâce à Dieu. Elle s’accompagnait de réjouissances populaires.
Dans les textes liturgiques anciens, la fête est un pèlerinage au sanctuaire unique, Jérusalem, et elle dure sept jours, en souvenir des huttes où Dieu a fait habiter Israël après la sortie d’Egypte. Par la suite, aux sept jours de fête, sera ajouté un huitième jour qui est chômé et comporte une assemblée cultuelle avec des sacrifices. Ce huitième jour est partout mentionné à part des sept jours de fête, c’est une conclusion, et, dans le rituel postérieur, on n’y habite plus sous les huttes, on n’y fait plus de fête nocturne, seulement on doit rester à Jérusalem ; c’est un lendemain de fête, une transition avant de reprendre la vie normale.
La célébration de cette fête sous Esdras comporte la lecture de la Loi. Ayant entendu lire ce texte, la communauté alla couper des branchages et se fit des huttes, chacun sur son toit, sur les parvis du Temple, ou sur les places de Jérusalem ; le texte ajoute : Les Israélites n’avaient rien fait de tel depuis les jours de Josué (Néhémie 8,13-18). Il est difficile de dire en quoi consistait cette nouveauté. Ce ne sont pas les huttes elles-mêmes, qui sont un trait ancien puisqu’elles donnent son nom à la fête déjà à la fête du Deutéronome, c’est plutôt le fait que, pour la première fois, ces huttes sont dressées à Jérusalem même.
