Proverbes 3, 1-20
| Dieu, toujours ! |
Père Gaston Brillet
365 méditations sur la Bible, Tome 4 : La Sagesse, Les Proverbes, p. 51s
Ce serait un grand dommage de laisser passer, à cause de sa simplicité, cette exhortation, que nous venons d’entendre, en réalité si haute.
Le maître paternel, qui parle comme la Sagesse même, fait appel à l’attention et à la volonté de son filial disciple : Ecoute…, et garde… Et sans se soucier des problèmes, il promet à l’élève de longs et heureux jours.
Puis viennent les préceptes. Leur forme concrète est si vive qu’il faut renoncer à la remplacer par des termes de nomenclature : Fais-toi un collier de la bienveillance et de la fidélité ! – Repose-toi sur le Seigneur ! – Songe à Lui en toutes tes démarches ! Enfin le mot qui enferme tout : Crains Dieu ! Avec des préceptes complémentaires de discipline morale : Ne t’appuie pas sur toi-même – Ne te figure pas être sage.
Un précepte est de difficile interprétation, lequel a été retenu et utilisé par la tradition morale et cultuelle : Fais honneur au Seigneur de tes biens, et des prémices de ton revenu. La difficulté justement vient de la double signification possible, morale et cultuelle : le bon emploi de la richesse par la bienfaisance, ou le droit du culte sur la richesse par la dîme.
Enfin la grave et belle leçon, que la Bible a maintes fois répété, et qui a forgé l’âme d’Israël pour les jours d’épreuve : Ne méprise pas, mon fils, la correction de Dieu. Cette fois, l’encouragement est digne du précepte : Car Dieu reprend celui qu’il chérit, comme un père le fils bien-aimé.
Cela n’efface pas le candide optimisme qui promet au fidèle la longueur et le bonheur des jours, la faveur et la réussite au regard de Dieu et des hommes, les sentiers de la vie aplanis, l’émouvant rafraîchissement des os, et, couronnant le tout d’opulence, les greniers regorgeant de blé et les cuves débordant de vin nouveau, mais cela révèle un autre optimisme plus profond, grave, celui-là à l’abri de la critique de Job, ou plutôt dans le sens de sa foi, l’optimisme des vrais croyants, des saints et des martyrs.
Et c’est la révélation de ce petit discours paternel, qu’il ne fallait pas laisser passer et qu’il ne faut jamais oublier. Cette révélation illumine le terre à terre des livres sapientiaux et de toute l’histoire d’Israël : Dieu toujours !
Ainsi étaient nos ancêtres. Cette pensée nous revient souvent, non à la mémoire seulement, mais au cœur. Il y a encore de ces hommes, et nous devons être tels : droits, forts, patients et bons, paisibles en heureux. Le moyen est là, c’est-à-dire dans cette page et dans notre âme : Songe à Lui, repose-toi sur Lui, Offre-lui, Accepte de Lui.
