Proverbes 8, 1-5 + 12-36
| « Dieu m’a créée au début de ses desseins » |
Tertullien
La figure de la Sagesse, CE 120, p. 20s
La Sagesse a été son conseiller, elle est elle-même la voie de l’intelligence et de la science ; c’est à partir d’elle que Dieu fit la création, en créant par son intermédiaire et avec son aide. Lorsqu’Il préparait le ciel, dit-elle, je L’assistais et lorsqu’Il consolidait au-dessus des vents les nuées d’en-haut, et quand Il affermissait les sources de celle qui est sous le ciel, je L’aidais à construire. J’étais celle dont la présence Le réjouissait, et chaque jour je me délectais dans sa personne, quand Il se délectait d’avoir achevé le monde, et qu’Il trouvait délectation parmi les fils des hommes. Qui ne reconnaîtrait pas plus volontiers cette Sagesse comme la source et l’origine de toutes choses, véritable matière des matières, ni soumise par sa situation, ni diverse dans sa nature, ni instable par son mouvement, ni informe d’aspect, mais situé en Lui, propre en Lui, ordonnée et belle, telle qu’a pu en avoir besoin un Dieu qui a plus besoin de ce qui est à Lui que de ce qui est à autrui ? Finalement, dès qu’Il a compris sa nécessité pour l’œuvre du monde, Il l’a crée et l’engendre en lui-même. Le Seigneur, dit-elle, m’a créée comme commencement de ses voies pour ses œuvres ; Il m’a établie avant les siècles, avant de créer la terre, avant de mettre en place les montagnes ; et avant toutes les collines, Il m’engendra, et je fis mis au monde avant l’abîme.
Cette puissance et cette disposition de l’intelligence divine se manifestent dans les Ecritures sous le nom de sophia. Quoi de plus sage en effet que la raison ou la parole de Dieu ? Ecoute toi-aussi la sophia s’exprimer en tant que seconde personne à être fondée : D’abord Dieu m’a créée commencement des voies en vue de ses œuvres, avant qu’Il ne fasse la terre, avant que les montagnes ne soient établies ; avant les collines Il m’a engendrée. Découvre-la ensuite l’assistant dans cette œuvre : Quand Il arrangeait le ciel, j’étais à ses côtés, comme Il rendait puissantes les nuées qui sont au-dessus des vents supérieurs, qu’Il mettait à l’abri ses sources qui sont sous le ciel, j’étais avec Lui faisant l’assemblage, j’étais celle pour laquelle Il jubilait, chaque jour j’étais objet de réjouissances en sa présence.
