Jean 12, 24-26
| « Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt… » |
Saint Irénée de Lyon
Contre les Hérésies V, 2, 3, p. 574s
Nous sommes les membres de son corps, formés de sa chair et de ses os, écrit Paul aux Ephésiens. En disant cela, Paul parle de l’organisme même qui est nourri de la coupe qui est le sang du Christ et fortifié par le pain qui est son corps.
De même que le bois de la vigne, après avoir été couché dans la terre, porte du fruit en son temps, et que le grain de froment, après être tombé en terre et s’y être dissous, resurgit multiplié par l’Esprit de Dieu qui soutient toutes choses, – ensuite, moyennant le savoir-faire, ils viennent en l’usage des hommes, puis, en recevant la parole de Dieu, ils deviennent l’eucharistie, c’est-à-dire le corps et le sang du Christ -, de même nos corps qui sont nourris par cette eucharistie, après avoir été couchés dans la terre et s’y être dissous, ressusciteront en leur temps, lorsque le Verbe de Dieu les gratifiera de la résurrection pour la gloire de Dieu le Père.
Car il procurera l’immortalité à ce qui est mortel et gratifiera d’incorruptibilité ce qui est corruptible, parce ce que la puissance de Dieu se déploie dans la faiblesse.
Dans ces conditions, nous nous garderons bien, comme si c’était de nous-mêmes que nous avions la vie, de nous enfler d’orgueil, et de nous élever contre Dieu en acceptant des pensées d’ingratitude.
Au contraire, sachant par expérience que c’est de sa grandeur à lui, et notre de notre propre nature, que nous tenons de pouvoir demeurer à jamais, nous ne nous écarterons pas de la vraie pensée sur Dieu, ni ne méconnaîtrons notre nature.
Nous saurons quelle puissance Dieu possède et quels bienfaits l’homme reçoit de lui, et nous ne nous méprendrons jamais sur la vraie conception qu’il nous faut avoir des êtres existants, je veux dire de Dieu et de l’homme.
Au reste, comme nous le disions antérieurement, si Dieu a permis notre dissolution dans la terre, n’est-ce pas précisément afin que, instruits de toute manière, nous soyons dorénavant scrupuleusement attentifs en toutes choses, ne méconnaissant ni Dieu, ni nous-mêmes.
