Zacharie 11,4 – 12,8
| « Où mènes-tu paître » |
Saint Grégoire de Nysse
Deuxième homélie sur le Cantique des Cantiques, Solesmes, p. 540s
Où mènes-tu paître, ô Bon Pasteur, toi qui portes le troupeau tout entier sur tes épaules ? Car toute l’espèce humaine est une seule brebis que tu as prise sur tes épaules. Montre-moi le lieu des verts pâturages, fais-moi connaître les eaux du repos, conduis-moi vers les près d’herbe grasse, appelle-moi par mon nom, afin que je reconnaisse ta voix, moi qui suis ta brebis, et que ta voix me donne la vie éternelle.
Enseigne-moi donc où tu mènes paître, afin que je trouve la pâture du salut, et que je me gorge de la nourriture céleste dont chacun doit manger pour accéder à la Vie, afin que j’accoure vers toi, la source. J’y boirai à longs traits le breuvage divin que tu fais sourdre pour ceux qui ont soif, quand je fais couler l’eau de ton côté, de cette blessure ouverte par la lance : qui en a goûté devient une source jaillissante en vie éternelle.
Si tu me mènes paître en ces pacages, tu me feras vraiment me coucher à l’heure de midi ; quand, à cet instant, m’endormant dans la paix, je reposerai dans une lumière sans ombre. Car le soleil de midi, brillant à son zénith, n’en projette aucune ; à l’heure où tu fais se coucher ceux que tu mènes paître, lorsque tu prends tes enfants avec toi sur ta couche. Or personne n’est censé mériter ce repos de midi, s’il n’est devenu fils de lumière et fils du jour ; mais celui qui s’est séparé à la fois des ténèbres vespérales et matinales, c’est-à-dire de l’origine du mal et de son terme, celui-là, le soleil de justice l’établit dans le plein midi, pour qu’il y prenne son repos.
