Qohèleth 7,1 – 8,1a
Saint Bernard de Clairvaux
Benoît XVI
La sainteté ne passe pas, p. 173s
La richesse et la qualité de la théologie de Bernard ne résident pas tant dans le fait d’avoir parcouru des voies nouvelles, que dans celui d’avoir réussi à proposer les vérités de la foi avec un style si clair et si pénétrant qu’il fascinait l’auditeur et disposait l’âme au recueillement et à la prière. Dans chacun de ses écrits, on perçoit l’écho d’une riche expérience intérieure, qu’il réussissait à transmettre aux autres avec une étonnante capacité de persuasion. L’amour était pour lui la plus grande force de la vie spirituelle. Dieu, qui est Amour, crée l’homme par amour, et par amour il le rachète ; le salut de tous les êtres humains, mortellement blessés par la faute originelle et accablés par les péchés personnels, consiste à adhérer fermement à la charité divine, que le Christ crucifié et ressuscité nous a pleinement révélé. Dans son amour, Dieu guérit notre volonté et guérit notre intelligence malade en les élevant au plus haut degré d’union avec Lui, c’est-à-dire à la sainteté, et également à l’union mystique. Saint Bernard évoque cela, entre autres, dans son bref mais dense traité sur l’Amour de Dieu. Le rappel qu’il y fait de la primauté de la prière et de la contemplation est utile aujourd’hui pour nous. Que saint Bernard, qui sut concilier l’aspiration du moine à la solitude et au silence du cloître avec l’urgence des missions importantes et complexes au service de l’Eglise, nous aide à concrétiser cette primauté dans notre vie.
Confions ce désir difficile de trouver l’équilibre entre l’intériorité et le travail nécessaire à l’intercession de la bienheureuse Vierge Marie, qu’il aima dès son enfance avec une dévotion tendre et filiale, au point de mériter le titre de Docteur Marial. Invoquons-la afin qu’elle obtienne le don de la paix véritable et durable pour le monde entier. Dans un célèbre discours, saint Bernard compare Marie à l’étoile que les navigateurs scrutent du regard pour ne plus faire fausse route : O vous qui flottez sur les eaux agitées de la vaste mer, et qui allez à la dérive plutôt que vous n’avancez au milieu des orages et des tempêtes, regardez cette étoile, fixez vos yeux sur elle et vous ne serez point engloutis par les flots, levez les yeux vers cette étoile, invoquez Marie.
