Matthieu 18, 15-20

L’amour mutuel

Père Marie-Joseph Le Guillou

L’amour du Père révélé dans sa Parole, p. 207s

Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul…, prends avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soir réglée…, dis-le à la communauté de l’Eglise. L’évangile veut nous dire qu’il y a une miséricorde profonde à l’intérieur de l’Eglise, une miséricorde infinie, cette miséricorde qui justement fait venir le Christ sur la terre. Voilà la vérité. Voilà l’amour. C’est cette condescendance fraternelle, cette acceptation de l’autre, l’aimer au cœur de son péché, et ne pas se détacher de lui comme un pharisien qui se croirait supérieur. Nous sommes des frères et nous devons nous aimer jusqu’au bout, en nous oubliant nous-mêmes et en oubliant tout ce que nous sommes pour nous livrer à Dieu.

L’essentiel de la vie de l’Eglise est dans cette dette d’amour mutuel que nous avons les uns envers les autres et à laquelle nous devons répondre. Nous cherchons souvent bien des arguments pour répondre à l’amour de Dieu : cependant, la seule chose que nous ayons à donner, c’est tout nous mêmes. C’est tout nous-mêmes par amour, par compréhension de l’autre. Nous devons être prêts à donner notre vie pour nos frères comme le Christ.

A cette charité fraternelle bien comprise, le Seigneur promet quelque chose d’extraordinaire : il donnera tout ce que nous demanderons. Si deux ou trois sur la terre s’entendent pour demander quelque chose, ils l’obtiendront de mon Père qui est au cieux, ce qui revient à dire : Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux.

Au cœur de la charité fraternelle, il y a la présence divine, la présence infinie du Seigneur, la présence du Père des cieux. Y pensons-nous suffisamment ? Pensons-nous suffisamment que les rapports entre nous sont des rapports gouvernés d’abord par l’amour fraternel, c’est-à-dire gouvernés non pas d’abord par le souci des biens quotidiens, mais par le souci de nos frères ? Nous avons à donner pour nos frères, nous avons à nous donner pour nos frères et à tout subordonner à cet amour. Si deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux.