Tobie 10,7b – 11,14
L’humanité guérie, illuminée, unie dans l’Eglise
Père Jacques Goettmann
Le livre des sept merveilles de Dieu, BVC 22, mai-juillet 1958, p. 37s
Le cantique et le testament de Tobit, à la fin du livre, annoncent et préparent la venue du Royaume de Dieu et l’illumination de la nouvelle Jérusalem. Autant d’événements réalisés sous la nouvelle Loi du Christ et dans l’Eglise. Or, il faut bien avouer que le livre de Tobie en entier s’explique par l’épiphanie et l’illumination finales. Dans sa manifestation épiphanique, l’ange Raphaël explique les merveilles de Dieu envers Tobit et Sara, et en même temps donne l’ordre au vieillard de révéler et de chanter les merveilles divines. Obéissant, Tobit chante alors, sous l’inspiration prophétique, les merveilles de Dieu passées, présentes et futures, personnelles et collectives, toutes réunies sous les mêmes images et dans la même louange.
Sans cette épiphanie de l’ange et cette prophétie de Tobit, le livre est découronné : il perd l’essentiel de sa signification. Avec elles, au contraire, les épreuves et les démarches, les conseils et les prières, toutes les images si vives de l’aveuglement et de la lumière, de l’emprise démoniaque et de la guérison, de l’isolement et des noces, de la captivité et du rassemblement, prennent leur sens, leur aboutissement lointain, leur dynamisme plein d’espérance.
C’est le vieux Tobit lui-même qui nous prophétise ces merveilles parce que c’est dans leur vision que réside le sens de son épreuve d’aveuglement. Les yeux ouverts par Dieu qui guérit (sens du nom Raphaël), il ne voit plus le monde comme avant, mais il annonce, en nous y préparant, le monde nouveau, la nouvelle Loi, le nouveau Testament. Dès lors, à la lumière du Nouveau Testament, nous pouvons mieux comprendre les choses de l’Ancien, à la lumière du Christ et de l’Eglise, mieux saisir comment les aventures de Tobit et de Sara nous annoncent et nous préparent à cette Eglise prédite par Tobit. Son cantique et son testament nous permettent de lire les épreuves qui les précèdent et qu’ils expliquent à la lumière des épreuves perpétuelles de l’Eglise et des guérisons définitives du Christ qu’ils annoncent et préparent dans nos âmes.
