Siracide 16,24 – 17,14
« Quelle joie de Le voir ! »
Sainte Thérèse d’Avila
La vie écrite par elle-même, p. 142s
Vraiment, j’en rougis. Si dans le ciel, ou pouvait avoir honte, j’y éprouverais plus de confusion que tous les autres. Pouvons-nous aspirer à de si grands biens, à un tel bonheur, quand c’est aux dépens de Jésus si bon ?
Eh quoi ! Une vie de plaisir et de vaines distractions pourrait-elle nous mener à ce bonheur, alors que Jésus nous l’a gagné à un tel prix, par son sang ? C’est chose impossible !
Jamais un tel chemin ne nous mènera au ciel ! Il faut le dire bien haut ; je devrais, moi-même, me le redire sans cesse. J’ai tant attendu avant de prêter une oreille attentive à la voix de Dieu.
J’éprouve donc quelque confusion à parler du bonheur du ciel. Que le Seigneur me donne d’en jouir un jour !
Quelle gloire, en effet, et quelle joie, pour les élus, d’entrer en possession d’un tel bonheur ! Plus ils auront multiplié leurs efforts pour y arriver, et plus éclairante sera leur gloire.
De quelles richesses ne jouira-t-il pas celui qui, par amour du Christ, aura méprisé les honneurs et trouvé sa joie dans l’illumination !
Quelle sagesse se manifestera chez celui qui aura préféré passer pour insensé aux yeux des hommes, après le Christ qui a été regardé comme tel !
Mais aujourd’hui, dans notre monde, qu’ils sont rares ceux qui ont une telle sagesse ! Ce sont certainement nos fautes qui sont en cause…
Daigne, Seigneur, nous accorder la grâce de voir vraiment, dans la vie d’un saint, l’exacte reproduction de ce qu’ont souffert pour nous Jésus-Christ et les Apôtres !
C’est, aujourd’hui, une chose dont nous aurions grand besoin.
