2 Corinthiens 9, 1-15
| « Faites-vous des semailles de justice » |
Saint Basile le Grand
Homélie sur la richesse
Toi qui m’écoutes, fais comme la terre. Porte du fruit comme elle, ne te montre par inférieur à la nature inanimée. Elle ne nourrit pas ses fruits pour en jouir elle-même, mais pour te rendre service. Toi, au contraire, tous les fruits de ta bienveillance que tu montres, tu les recueilles pour toi-même, car la récompense méritée par les bonnes œuvres revient aux bienfaiteurs. Tu as donné à celui qui avait faim, mais ce qui tu as donné reste à toi et même te revient avec des intérêts. De même que le blé, lorsqu’il est tombé en terre, procure du bien à celui qui l’a semé, de même le pain présenté à celui qui a faim te procurera dans la suite beaucoup de profit. Lorsque tu auras achevé de travailler la terre, alors commenceront les semailles célestes. Comme dit l’Ecriture : Faites-vous des semailles de justice.
Tu devras abandonner ton argent ici-bas, même si tu ne le veux pas. Au contraire, tu emporteras devant le Maître l’honneur mérité par tes bonnes œuvres, lorsque tout un peuple réuni autour de toi, devant le Juge commun, t’appellera nourricier, bienfaiteur, et te donnera tous les titres qui qualifient la bonté envers les hommes.
Tu restreins les dépenses dont tu vas retirer une si grande gloire ? Dieu t’approuvera, les anges t’acclameront, tous les hommes depuis la création du monde te proclameront bienheureux. Tu recevras la gloire éternelle, la couronne de justice, le Royaume des cieux pour te récompenser d’avoir bien géré des richesses périssables.
Toi qui es riche et qui repousses le pauvre, comme tu devrais être reconnaissant envers le pauvre, ton bienfaiteur, comme tu devrais être joyeux et fier de l’honneur qui t’est fait, car tu n’as pas besoin d’aller réclamer à la porte d’autrui, puisque ce sont les autres qui assiègent la tienne. Mais tu es maussade et inabordable, tu évites les rencontres pour ne pas être obligé de laisser échapper la moindre aumône. Tu ne connais qu’une parole : « Je n’ai rien, je ne donnerai rien, car je suis pauvre ». Oui, tu es pauvre, oui, tu ne possèdes aucun bien ; oui, tu es pauvre d’amour, pauvre de bonté, pauvre de foi en Dieu, pauvre d’espérance éternelle.
