2 Corinthiens 12,14 – 13,13
| La vie de la communauté |
Saint Ignace d’Antioche
Lettre à Polycarpe, SC 10, p. 177s
Attachez-vous à l’évêque pour que Dieu aussi s’attache à vous. Moi, j’offre ma vie pour ceux qui sont soumis à l’évêque, aux prêtres et aux diacres : je souhaite avec eux partager la vie éternelle. Travaillez ensemble, et ensemble combattez, menez votre course, luttez, souffrez, réveillez-vous comme étant ensemble, vous les évêques, les intendants de Dieu, vous les prêtres, les assesseurs de Dieu, vous les diacres, ses serviteurs. Cherchez à plaire à celui sous les ordres de qui vous militez et de qui vous recevez votre solde : qu’on ne trouve parmi vous aucun déserteur.
Que le baptême demeure comme votre bouclier, la foi comme votre casque, la charité comme votre lance, la persévérance comme votre armure. Les réserves de votre solde, ce sont les bonnes actions qui vous permettront de toucher les sommes méritées. Soyez donc patients, dans la douceur, les uns envers les autres, comme Dieu l’est avec vous. Comme je voudrais me réjouir sans fin de chacun d’entre vous !
Puisque l’Eglise qui est à Antioche de Syrie jouit de la paix, à ce qu’on m’a rapporté, et cela grâce à votre prière, j’ai moi-même retrouvé plus de confiance en l’abandon à Dieu, si toutefois, par mes souffrances, je rejoins Dieu pour que l’on reconnaisse en moi votre disciple au jour de la résurrection.
Il faudrait, bienheureux Polycarpe, convoquer une assemblée agréable à Dieu pour élire un homme qui vous soit cher, d’une grande activité, et qu’on puisse appeler le messager de Dieu ; chargez-le de se rendre en Syrie afin qu’il célèbre, pour la gloire de Dieu, votre active charité. Le chrétien n’a pas d’autorité sur lui-même, mais il est à la disposition de Dieu. C’est là l’œuvre de Dieu et la vôtre quand vous aurez agi ainsi. J’ai foi en la grâce, et je crois que vous être prêts à toute bonne action pour le service de Dieu. Connaissant votre zèle ardent pour la vérité, je me suis borné à quelques mots d’exhortation.
Puisque je n’ai pas pu écrire à toutes les Eglises, ayant dû brusquement m’embarquer à Troas pour Néopolis, comme, rappellez-vous, l’avez fait avant moi le saint apôtre Paul afin d’obéir à la volonté de Dieu, tu écriras à toutes les Eglises d’Orient, toi qui connais la pensée de Dieu. A leur tour qu’elles fassent de même : ceux qui le pourront enverront des messagers, les autres expédieront des lettres par tes envoyés. Ainsi vous recevrez la gloire d’une action éternelle, comme tu le mérites.
Je souhaite que vous vous portiez toujours bien en Jésus-Christ, notre Dieu, et que, par lui, vous demeuriez dans l’unité et sous l’épiscopat de Dieu. Portez-vous bien dans le Seigneur.
