Galates 5,25 – 6,18

Paul et la croix du Seigneur Jésus-Christ

Père Jean-Pierre Lémonon

La lettre aux Galates, p. 97s

Paul, dit-il, est attaché à la croix du Christ dont est né un monde à l’opposé de celui dont la circoncision est le signe. L’Apôtre refuse toute glorification personnelle ; sa fierté repose dans la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, croix qui est la source du salut. C’est dans la résurrection que la communauté a reconnu Jésus comme son Seigneur. Par l’adjectif possessif notre, Paul indique l’intimité qui lie les croyants et le Ressuscité. Aujourd’hui, le Seigneur Jésus dirige et protège la communauté qui vit sous sa dépendance.

Les opposants de Paul sont attachés à la chair, à la circoncision, à des avantages personnels ; Paul, quant à lui proclame la croix. Il insiste sur les conséquences personnelles de l’événement : par la croix, le monde a été crucifié et moi pour le monde. Paul reprend une conviction qu’il a déjà exprimée (en 2,19-20) : J’ai été crucifié avec Christ ; moi, je ne vis plus, mais Christ vit en moi. Le croyant est associé intimement à l’itinéraire du Christ Jésus. Il appartient à ce monde né de la croix du Christ : il est une créature nouvelle. Cette expression comporte un caractère eschatologique, elle manifeste l’irruption d’un monde nouveau. Sont créature nouvelle ceux qui ont été baptisés dans le Christ, car ils ont revêtu le Christ (3,27). Une fois encore Paul ne s’en prend pas à la circoncision comme telle, mais au rôle que certains lui font jouer, car les agitateurs lui donnent la place qui revient à la croix. Paul ne peut l’admettre.

L’Apôtre appelle la paix et la miséricorde sur tous ceux qui suivront cette règle, c’est-à-dire ceux qui acceptent en vérité la croix du Christ et ses conséquences. Il résume ici la nouvelle conception de la vie qu’il a proposée et développée dans le corps de la lettre. L’Apôtre passe habillement de sa situation personnelle à celle de tous ceux qui partagent sa foi et sa fierté dans la croix du Christ. A la suite de Paul, ceux qui sont devenus nouvelle créature peuvent s’écrier : par la croix, pour moi, le monde a été crucifié ; ces personnes ont acquis une nouvelle source de connaissance (2 Corinthiens 5,16-17). Ce temps nouveau est commencé, mais il doit connaître une plénitude, comme le manifeste fort bien la lettre aux Romains (8,18-27).