Proverbes 1, 1-7 + 20-33
| Recommandations de la Sagesse |
Monseigneur Jean-Julien Weber
Le livre des Proverbes, p. 27s
Le livre des Proverbes commence, comme beaucoup d’ouvrages de la Bible, par un titre. Ce titre, après avoir indiqué l’auteur principal, Salomon, marque le but du livre ; ce but coïncide avec le résultat de l’étude de ces maximes. L’ensemble ne forme qu’une tirade assez longue : cette rédaction correspond aux prologues semblables des collections sapientiales égyptiennes, dont quelques-unes ont également un roi pour auteur.
Le fruit de l’étude des Proverbes sera l’acquisition des qualités d’ordre intellectuel (sagesse, instruction, discernement science, réflexion) et d’ordre moral (justice, équité, droiture) nécessaires pour conduire la vie humaine.
Les lecteurs visés sont les simples, c’est-à-dire des gens dépourvus de culture qui ont besoin d’être formés et qui peuvent être faciles à détourner du droit chemin. Mais mêmes les sages verront leur sagesse augmenter s’ils lisent l’ouvrage et s’ils mettent en pratique ce qu’il recommande.
La science morale est contenue dans les discours sensés, discours produits par l’intelligence, dans les proverbes ou maximes à base de comparaison, dans les propos mystérieux, les sentences des sages et les énigmes que contient ce livre ou qu’on peut entendre ou lire ailleurs : tous ces genres littéraires ont besoin d’être pénétrés ou approfondis.
Le verset 7 relie l’étude sapientiale à la religion : le commentaire, la source, mais aussi le sommet de la science, c’est la crainte de Dieu, c’est-à-dire la révérence due au Dieu d’Israël ou encore la religion révélée. Il n’y a donc aucune opposition entre l’enseignement des sages et les prescriptions de la Loi et des Prophètes : ils tendent au même but : l’honneur et le service de Dieu.
Ce verset ajoute que ceux qui méprisent la sagesse et l’instruction sont des insensés, à l’opposé des sages et des intelligents ; ce sont des hommes qui vivent sans se soucier de Dieu et de sa Loi.
Chrétiens, nous devons aimer et arriver à posséder la sagesse, c’est-à-dire le sens profond des choses divines et des choses humaines. C’est affaire d’intelligence et aussi de foi ; c’est également affaire de tradition : nous ne devons pas mépriser l’apport de l’expérience du passé, d’où qu’il vienne. A nous donc d’écouter, de comprendre, de scruter et de mettre en pratique, avec la lumière de la grâce, les avis et conseils que nous livrent ici les auteurs hébreux de jadis. Agir autrement serait folie, d’autant plus que leurs écrits sont inspirés par l’Esprit-Saint.
