Jean 20, 1 + 11-18
| Homélie pour la Résurrection |
Optat de Milève
Dans Christine Pellistrandi, Femmes de l’Evangile, p. 120s
Marie-Madeleine vient au tombeau, elle le voit fermé et trouve pendu sur la porte de ce jardin d’Eden les linges du linceul.
Les anges lui dirent : Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? Tu cherches Jésus dans la froideur de la pierre, lui qui a déjà brisé la géhenne de la mort, lui qui a quitté la fournaise du néant. Celui que tu cherches n’est pas ici ; il est ressuscité comme il vous l’avez annoncé. Vois, regarde le linceul : il n’y a rien qui puisse t’effrayer, car le linceul du Christ est la sépulture de ton péché. Prends le linceul, essuies les larmes de ton chagrin pour apaiser la brûlure de ton cœur : tu verras au paradis celui que tu cherches dans un tombeau.
Marie-Madeleine s’est avancée, elle a reculée, elle a progressé. Elle a trouvé celui qu’elle cherchait. Elle regarde le jardinier : Seigneur jardinier, je te le demande, si c’est toi qui as enlevé celui que mon âme a tant aimé, si c’est toi qui as dérobé son corps, si tu l’as emporté, je t’en supplie : montre-moi l’endroit où tu l’as déposé. Je l’emporterai.
Le jardinier se dresse debout ; il se tait. Ô véritable jardinier, toi qui as éradiqué la mort et qui as fait entrer au paradis ton compagnon, le bon larron, toi, jardinier si modeste en apparence et aux paroles si douces, c’est toi qui as fait se lever de la géhenne les plantes qu’une antique sépulture avait enfouies. Point de garde pour inspirer la terreur : désormais, c’est une simple porte qui ouvre le jardin.
Le Seigneur parle avec Marie et lui révèle la vérité. Ses paroles distillent le miel à tel point que les aromates que Marie avait apportés ne sentent plus rien. Alors, respirant et aspirant cette odeur encore meilleure, Marie s’exclame tout haut : Rabbouni, ce qui veut dire Maître, et elle l’adora en répandant plein de larmes. Lorsqu’elle voulut saisir ses genoux, Jésus lui dit : Ne me touche pas, je ne suis pas encore monté vers le Père. Il en est ainsi : désormais tu dois vivre par la foi. C’est l’Esprit qui fait vivre. Le Christ ressuscité d’entre les morts doit être cru et non pas touché. Que ceux qui désirent toucher ses genoux s’approchent de son autel.
Voici qu’aujourd’hui, en union spirituelle avec Marie-Madeleine, notre Mère l’Eglise se réjouit en regardant le Seigneur et ses enfants comme le jardinier se réjouit de sa vigne chargée de sarments.
