Matthieu 17, 1-9
| Les témoins de la Transfiguration |
Chromace d’Aquilée
Grâce de la Transfiguration d’après les Pères d’Occident, p. 68s
Comme Pierre parlait encore, une nuée lumineuse les prit sous son ombre. Et voici qu’une voix, sortant de la nuée, disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur. Ecoutez-le.
Ce n’est pas la première fois que cette voix céleste se faisait entendre, apportant au Fils son témoignage. On l’avait déjà entendue au baptême. Mais, alors, seul Jean Baptiste l’avait entendue. Maintenant le témoignage est perçu par cinq témoins, les trois disciples, ainsi que Moïse le législateur et le prophète Elie.
Mais ici, une question surgit : comment se fait-il que Moïse, lui qui était passé par la mort, apparaisse comme témoin tout autant qu’Elie ? Cela ne se fait pas sans raison. Il convenait en effet que le Seigneur eût des témoins de partout : du ciel, de la terre, et des régions inférieures. Du ciel, c’est le Père ; de la terre, les trois disciples ; des régions inférieures, Moïse. Et pour qu’aucune région ne soit oubliée, on voit aussi paraître Elie, venu, lui, du paradis. Tout cela s’explique par le fait que le Seigneur lui-même était descendu du ciel et devait souffrir sur cette terre, puis descendre aux enfers et, de là, envoyer au paradis les justes encore dans l’attente. C’est donc pourquoi il devait avoir des témoins venus, les uns de cette terre, un autre des régions souterraines, un autre encore du paradis. Ce qu’ils avaient vu, les apôtres l’annoncèrent au monde. Moïse en fit part à ceux qui vivaient dans les enfers, tandis que le Père recevait au ciel son Fils revenant victorieux de son combat terrestre.
Le Père dit donc de son Fils : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur. Ecoutez-le. Il ne dit pas ; Voilà celui que j’ai créé, ou Celui que j’ai fait, mais : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, mon vrai, mon propre Fils, mon vrai et propre Fils. Non pas mon fils par adoption, par grâce ou par réaction ; quand il dit : Mon Fils, il le dit en toute propriété et vérité, mon Fils par nature. La filiation est bien réelle, naturelle, elle est affirmée clairement : Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Et très justement le Seigneur ajoute : Ecoutez-le. Le Père nous ordonne de l’écouter, lui seul, parce que lui seul est vraiment né du Père. N’est-ce pas que c’est ce qu’il dit de lui-même : Je suis sorti d’auprès du Père et je suis venu dans le monde. N’est-ce pas être né du Père ?
