Luc 1, 39-56

En suivant Jésus, Marie vit dans l’esprit du Magnificat

Benoît XVI

Homélie pour l’Assomption de Marie

          Ayant accompli le cours de sa vie terrestre, elle fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme Reine de l’univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort (Lumen Gentium 59). Dans la Vierge élevée au ciel, nous contemplons le couronnement de sa foi, de ce chemin de foi qu’Elle indique à l’Eglise et à chacun de nous : Celle qui a recueilli la Parole de Dieu à chaque instant est élevée au ciel, c’est-à-dire qu’Elle est elle-même accueillie par le Fils, dans cette demeure qu’Il nous a préparée avec sa mort et sa résurrection.

            La vie de l’homme sur la terre est un chemin qui se déroule, constamment dans la tension de la lutte contre le dragon et la femme, entre le bien et le mal. Telle est la situation de l’histoire humaine : elle est comme un voyage sur une mer souvent tempétueuse ; Marie est l’étoile qui nous guide vers son Fils Jésus, soleil qui est né au-dessus des ténèbres de l’histoire, et elle nous donne l’espérance dont nous avons besoin : l’espérance que nous pouvons vaincre, que Dieu a vaincu, et que, avec le baptême, nous sommes entrés dans cette victoire. Nous ne succombons pas définitivement : Dieu nous aide et nous guide. Telle est l’espérance du Seigneur en nous, qui devient visible en Marie élevée au ciel. En Elle, tu as fait resplendir pour ton peuple en pèlerinage sur la terre, un signe de réconfort  et d’espérance certaine, entendrons-nous à la préface de l’eucharistie de cette solennité. Avec saint Bernard, poète mystique de la Sainte Vierge, nous l’invoquons ainsi : Nous Te prions, ô Bénie, par la grâce que tu as trouvée, par ces prérogatives que tu as méritées, par la Miséricorde que tu as fait naître, fais que Celui qui pour Toi a daigné participer à notre misère et à notre infirmité grâce à ta prière, nous fasse participer à ses grâces, à sa béatitude et à sa gloire éternelle, Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur, qui est au-dessus de toutes choses, Dieu béni pour les siècles des siècles. Amen.