Judith 2,1-12 + 4,9-15
Pour la cité
Père Gaston Brillet
365 méditations sur la Bible ; Tome 1 : Les récits, p. 166s
La petite ville de Béthulie, au pays des frontières de Samarie et de Galilée, est assiégée par une immense armée ennemi. Le peuple, privé d’eau, est désespéré, ses chefs sont sans idée, ni courage.
Dans la petite ville, habite une femme, Judith, veuve, riche et belle. Elle mène depuis son veuvage une vie retirée, adonnée à la prière, au jeûne et aux œuvres de miséricorde. Elle garde, au milieu du découragement universel, une foi sans bornes.
Quand elle apprend que peuple et chefs sont résignés à la capitulation, elle va trouver les notables et leur fait un discours plein de courage et de sens politique. Elle exhorte tout le monde à prier et à ne pas désespérer. Elle leur annonce qu’elle a formé un dessein de salut, dont elle ne peut leur
révéler la substance, mais dont ils doivent faciliter l’exécution. Rentrée chez elle, elle fait une longue et émouvante prière, et prépare l’accomplissement du plan d’action qu’elle a conçu.
Alors délibérément, d’une marche décidée, elle accomplit son dessein. Dans la mesure où, sortant de sa vie intérieure de pensée, d’héroïsme, de volonté, de prière, nous égarons notre attention sur les événements, nous cessons de comprendre. Les héros, et les martyrs, et d’autres encore, sont dans un état intérieur qui dépasse nos idées et nos imaginations.
Et c’est une première leçon : essayer de comprendre. Nous ne comprenons pas les anciens, ni les étrangers, et, d’une façon générale, l’autre. La justice nous serait plus facile, et la charité elle-même. Mais nous n’en faisons pas l’effort !
La grande leçon de ce beau et étrange livre est la leçon du sacrifice pour l’humanité, sous toutes les formes où il se présente à nous.
On n’a pas tous les jours une ville à sauver au péril de sa vie ! Mais on a, tous les jours, des êtres humains à libérer du besoin et de la peine au péril de ses goûts et de ses aises. Ils sont de la Cité humaine, la grande ou la petite, dont nous sommes.
Ce que fit Judith ne nous intéresse pas, mais la grandeur de son caractère et de sa foi, sa vie de prière et de dévouement pourraient nous intéresser.
