Judith 10, 1-6a + 11-23

J’ai trouvé ma place dans l’Eglise

Sainte Thérèse de Lisieux, p. 23s

Ô mon Jésus ! A toutes mes folies que vas-Tu répondre ? Y a-t-il une âme plus petite, plus impuissante que la mienne ?

Cependant, à cause de ma faiblesse, Tu t’es plus, Seigneur, à combler mes petits désirs, et Tu veux, aujourd’hui, combler d’autres désirs plus grands que l’univers.

A l’oraison, mes désirs me faisaient souffrir un véritable martyre. J’ouvris les lettres de saint Paul afin d’y chercher quelque réponse. J’y lus que tous ne peuvent pas être apôtres, prophètes, docteurs, que l’Eglise est composée de différents membres. La réponse était claire, mais ne comblait pas mes désirs ; elle ne me donnait pas la paix.

Sans me décourager, je continuai ma lecture et cette phrase me soulagea : Recherchez avec ardeur les dons les plus parfaits ; mais je vais encore vous montrer une voie plus excellente (1 Corinthiens 12,31).

Et l’apôtre d’expliquer comment tous les dons les plus parfaits ne sont rien sans l’amour, que la charité est la voie excellente qui conduit clairement à Dieu.

Enfin, j’avais trouvé le repos…

La charité me donna la clef de ma vocation. Je compris que si l’Eglise avait un corps composé de différents membres, le plus nécessaire, le plus noble de tous ne lui manquait pas.

Je compris que l’Eglise avait un cœur, et que ce cœur était brûlant d’amour.

Je compris que l’amour seul faisait agir les membres de l’Eglise ; je compris que l’amour renfermait toutes les vocations, que l’amour était tout, qu’il embrassait tous les temps et tous les lieux, en un mot que l’amour était éternel.

Alors, dans l’excès de ma joie délirante, je me suis écriée :

Ô Jésus, mon amour, ma vocation, je l’ai trouvée,

ma vocation, c’est l’amour !

Oui, j’ai trouvé ma place dans l’Eglise ;

cette place, c’est Toi, ô mon Dieu qui me l’a donnée

dans le cœur de l’Eglise, ma Mère, je serai l’Amour.