1 Corinthiens 1,18-2,5 ou 1 Corinthiens 4,1-16
Saint Simon
Francesco Chiovaro
Histoire des saints et de la sainteté, p. 245s
On sait peu de choses de l’apôtre Simon qui figure dans les listes des Douze à la onzième place chez Matthieu et Marc, à la dixième chez Luc et dans les Actes. Les deux premiers l’appellent Simon le Cananéen, et le troisième le qualifie de Zélote, ce terme désignant des extrémistes qui pratiquaient la résistance armée contre l’occupant romain.
Qui était-il ? Certains ont cru reconnaître en lui le cousin de Jésus appelé Simon que mentionnent Matthieu (13,55) et Marc (6,3). Les Byzantins et les coptes voient en lui le Nathanaël de Cana. Pour les latins et les arméniens, il exerça son apostolat en Arménie et y mourut. Fortunat, évêque de Poitiers, à la fin du VI° siècle, écrit qu’il est enterré en Perse avec l’apôtre Jude : tous deux auraient été martyrisés en Perse.
L’art chrétien représentera souvent Simon en compagnie de Jude. En Occident, après la Légende dorée, il a comme attribut la scie : on lui inflige le martyre en le sciant en deux, comme Isaie. On le vénère partout, mais particulièrement en Vénétie et en Dalmatie. Aux douzième et treizième siècles, on rencontre Simon sur un bas-relief du cloître de Moissac ; on voit son martyre sur les chapiteaux de l’Eglise de Merlevenez en Morbihan, et de l’église de saint Aubin à Guérande. Il est représenté sur une mosaïque de Saint-Marc de Venise. Il a sa statue sur la façade de la cathédrale de Florence.
Jusqu’au XVIII° siècle, sa présence est fréquente dans l’art. On peut le voir en statue à Cologne et à Venise, en Thuringe, en Bavière et à Sienne, à Nuremberg. Peintures et gravures le représentent à Zaza, Neustadt, en Thuringe, sur le psautier du duc de Berry, en Espagne, sur une gravure de Dürer, sur un émail de limoges, sur un médaillon de marbre de l’église Notre-Dame de Versailles, dans une peinture de Vélasquez.
Les deux saints Simon et Jude sont fêtés ensemble. Saint Simon est le patron des scieurs de long pour avoir été, lui aussi, selon une tradition, scié en deux comme Isaïe. On vénère ses reliques à Saint-Pierre de Rome, à Constantinople et Toulouse.
