Jean 3, 16-18
| « Ö mon Dieu, Trinité que j’adore » |
Sainte Elisabeth de la Trinité
La prière d’Elisabeth, Œuvres Complètes, p. 199s
Ô mon Dieu, TRINITE que j’adore, aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous, immobile et paisible, comme si déjà mon âme était dans l’éternité ! Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère !
Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos ; que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre action créatrice.
Ô MON CHRIST AIME, crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour votre cœur, je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais vous aimer … jusqu’à en mourir ! Mais je sens mon impuissance et je vous demande de me revêtir de vous-même, d’identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme, de me submerger, de m’envahir, de vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit qu’un rayonnement de votre vie. Venez en moi comme Adorateur, comme Réparateur, comme Sauveur.
Ô Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter, je veux me faire tout enseignable afin d’apprendre tout de vous ; puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière. Ö mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement.
Ô FEU CONSUMANT, ESPRIT D’AMOUR, survenez en moi afin qu’il se fasse en mon âme comme une Incarnation du Verbe ; que je lui sois une humanité de surcroît en laquelle il renouvelle tout son mystère.
Ô PERE, penchez-vous vers votre pauvre petite créature, couvrez-la de votre ombre, ne voyez en elle que le Bien-Aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances.
Ô MES TROIS, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perds, je me livre à vous comme une proie ; ensevelissez-vous en moi, pour que je m’ensevelisse en vous, en attendant d’aller contempler en votre lumière l’abîme de vos grandeurs.
